DOSSIER : Les réseaux sociaux - FacebookVendredi 6 Mai 2011
Les parents face aux réseaux sociaux : du pédagogue au réfractaire - Le Vif.be | 14/12/2010
Selon les résultats d’une enquête menée par Profil Technology, les parents n’ont pas tous la même réaction face à l’usage que font leurs enfants des réseaux sociaux. Décryptage.
Selon un communiqué de Profil Technology, une société de filtrage de contenus Internet, une enquête qualitative concernant la perception qu’ont les parents quant à l’usage de réseaux sociaux par leurs enfants, dégage cinq profils parentaux. Les pédagogues : « un enfant mal averti est un enfant en danger » Constituant 36% du panel, cette catégorie de parents prône l’importance du dialogue et l’instauration d’une relation de confiance avec les enfants. Ainsi, ces derniers entendront leur message de prévention ou autres mises en garde via la conversation. Selon eux, devenir l’ami de leurs enfants sur Facebook permettrait même de dissuader l’adolescent de publier des informations pouvant être lues par ses parents. Selon le communiqué, ils notent également « l’utilité d’un filtre parental afin de réguler le temps passé devant l’ordinateur ». Les inquiets : « le net n’oublie rien » Cette catégorie représente un parent sur trois (33%). Pour eux, « la protection de la vie privée représente la plus grande inquiétude ». Ils mettent en cause la mise en ligne d’informations personnelles qui pourraient nuire par la suite si elles étaient vues par de potentiels recruteurs. L’addiction les inquiètent également car selon eux, les relations virtuelles « donnent l’illusion d’une vie sociale et galvaudent le terme d’ami ». Les optimistes : « Finalement est-ce plus dangereux que de traîner dans la rue » Pour 14% des parents interrogés, les réseaux sociaux permettent à leurs enfants de vaincre la timidité et de les garder à la maison, même s’ils restent devant l’ordinateur. Certains parents appartenant à cette catégorie « vont jusqu’à s’interroger sur la réalité des dangers évoqués ». Les fatalistes : « (…) je ne pourrai pas leur interdire alors que moi-même je les utilise » Représentant 13% du panel, les fatalistes se rendent compte qu’il devient difficile d’échapper aux réseaux sociaux, leurs adolescents étant « les premier suiveurs de cette tendance ». Les réfractaires : « les réseaux sociaux ne servent à rien » Pour cette minorité (4%), les réseaux sociaux n’ont aucune utilité et « ne peuvent être que nocifs pour les enfants ». Afin d’éviter les problèmes selon eux, leur usage doit être interdits aux enfants jusqu’à l’âge de quinze ans. Le petit chaperon rouge met en garde les ados contre Facebook | Le Vif/L'Express | 04/04/2011
Une campagne de sensibilisation aux dangers des réseaux sociaux revisite le compte de Charles Perrault.
Réalisé par Facemoods, « Le Petit chaperon rouge » est le premier opus de la série. Dans ce mini-film, le petit chaperon rouge accepte, sans le savoir, le méchant loup parmi ses amis sur Facebook. Ce dernier constate que la jeune fille s’en va rendre visite à sa grand-mère et en profite pour la surprendre. Un bouton d'alarme pour sécuriser les sites de réseaux sociaux | LeVif.be, avec Belga | 19/11/2009
Les sites de réseaux sociaux, comme Facebook, Netlog ou MySpace, seront bientôt munis d'un bouton d'alarme uniforme pour les enfants et les jeunes. Ils pourront ainsi chercher de l'aide si des personnes malintentionnées les ennuient. Le projet est l'aboutissement d'une collaboration entre l'Union européenne et différents sites Internet.
Un bouton d'alarme pour sécuriser les sites de réseaux sociaux Fin de l'année dernière, la Commission européenne a encouragé les propriétaires de réseaux sociaux à établir un ensemble de règles et de principes, tout particulièrement pour la protection des mineurs. Un groupe de travail s'est formé et a abouti à des propositions qui ont été adoptées lors de la « Safer Internet Day 2009 », en février, par les responsables des principaux sites européens. Plusieurs possibilités pour rendre l'utilisation des sites plus sûre ont été trouvées mais le bouton d'alarme uniforme sort du lot. Tous les réseaux sociaux actifs en Europe recevront le même bouton, derrière lequel se trouve un système qui permet tant à l'entreprise qui gère le site qu'aux autorités locales d'offrir de l'aide. D'après Lorenz Bogaert, directeur général de Netlog, l'outil devrait entrer en service dans quelques mois. Selon la Commission de la protection de la vie privée, les chiffres sont éloquents. En 2008, le nombre de 41,7 millions d'utilisateurs a été enregistré et ce chiffre devrait atteindre 107,4 millions d'ici 2012. 16 % des enfants de six ans et 84% des ados de quinze ans surfent sur Internet. Malgré les dispositions prises par la Commission européenne, il est du devoir parental de vérifier les actes des enfants et d'assurer leur sécurité. Surfer au travail : pas sans risques | LeVif.be | Jacqueline Remits | 17/02/2010
Surfer sur Facebook, Twitter ou YouTube au bureau peut augmenter la productivité de 9%. Pourtant, certaines entreprises bloquent l'accès à ces sites, bêtes noires des employeurs. Malgré des règles très floues.
Surfer au travail : pas sans risques "Il m'arrive de passer du temps sur Facebook au bureau", témoigne un salarié dans une entreprise. Ce n'est pas une exception. Plutôt qu'une pause café, de plus en plus de salariés s'octroient des pauses Internet entre deux dossiers. Un petit tour sur sa messagerie perso, un achat sur un site de vente par correspondance, une excursion pour choisir sa prochaine destination de vacances, la réservation du vol et des hôtels... Pour certains, ces diversions sont anodines, pour d'autres, l'usage abusif devient la norme. Perte de productivité, risques de virus et de divulgation de données confidentielles de l'entreprise, pour toutes ces raisons, certains employeurs décident de contrôler les activités en ligne de leurs salariés. Selon une récente enquête réalisée par la revue spécialisée Smart Business Strategies auprès de 250 employeurs des secteurs privé et public, quatre entreprises belges sur dix bloquent l'accès à Facebook, bête noire des employeurs. Environ sept employeurs sur dix laissent l'accès à Internet au bureau. En Belgique, ce sont surtout les grandes organisations publiques et les entreprises des secteurs bancaire et de l'assurance qui fixent des règles strictes pour l'utilisation d'Internet pendant les heures de travail. Elles bloquent l'accès à certains sites. C'est ainsi que le bancassureur KBC et Belgacom ont interdit l'accès à Facebook à leurs employés. L'enquête démontre également que des institutions publiques plus petites et des PME interviennent également. Pour la première fois en 2008, environ 5% des entreprises et institutions publiques ont mis des limites à l'utilisation d'Internet pendant les heures de travail. Une pratique en augmentation. Par rapport à la précédente enquête, un an auparavant, les employeurs sont de plus en plus soucieux de la productivité de leur personnel. Après la sécurité, éviter les pertes de temps est la deuxième raison évoquée pour justifier le blocage à l'accès à Internet, notamment aux jeux online et à Facebook. "On se trouve devant deux intérêts opposés", explique Paul Crahay, avocat au barreau de Liège, professeur de droit social à HEC-ULg. "L'employeur désire évidemment que l'employé exécute son travail le mieux possible et utilise l'ordinateur dans l'intérêt exclusif de l'entreprise. Il veut contrôler le temps de travail et des outils professionnels. Le travailleur entend qu'on ne porte pas atteinte à sa vie privée et estime inévitable de pouvoir, occasionnellement, consulter des sites Internet et ses e-mails privés. La Constitution belge, dans son article 22, reprend le principe du respect de la vie privée inscrit dans la Convention des droits de l'homme. Une convention collective de travail relative à la protection de la vie privée des travailleurs à l'égard du contrôle des données de communication électroniques en réseau a été conclue en 2002. La jurisprudence offre des solutions pas totalement convergentes. Si l'employeur veut interdire ou limiter l'utilisation de l'ordinateur à des fins non professionnelles, il doit veiller à ce que cette interdiction ou limitation figure dans le contrat de travail, soit le plus souvent dans le règlement de travail. Réglementer ainsi l'accès à Internet est en principe licite. Je pense que cette interdiction est probablement plus acceptable aujourd'hui qu'il y a quelques années du fait que de plus en plus d'employés disposent d'ordinateurs personnels et de connexions Internet à leur domicile. Cela ne donne pas pour autant à l'employeur un pouvoir de contrôle illimité sur la consultation de sites Internet ou les courriels de l'employé. Les règles de protection de la vie privée, en particulier les règles de la convention collective de travail n° 81 ont été établies pour éviter la surveillance constante des employés, éviter le Big Brother is watching you." "Quand j'arrive au bureau, je vois souvent ma secrétaire en train de surfer sur Facebook", se plaint un patron de PME. "Elle dépense mon argent et ces réseaux sociaux n'apportent rien à mon entreprise. Je veux un personnel plus productif, recentré sur l'essentiel." Pour avoir une idée de ce qui se passe sur le réseau informatique de son entreprise et jusqu'où vont les abus, ce patron s'adresse à une société comme IT Brain, spécialisée dans la sécurité informatique. "Nos clients nous demandent de plus en plus souvent des solutions pour limiter l'accès à Internet", détaille Olivier Breuer, administrateur-gérant. "Nous installons un boîtier spécifique, totalement transparent, sur l'infrastructure de l'entreprise. Il va nous renseigner, d'une manière globale, sur la quantité de trafic vers Facebook, YouTube et d'autres réseaux. Nous évaluons le nombre moyen d'heures. Le but n'est pas de sanctionner, mais de sécuriser. Le téléchargement de contenus douteux peut détériorer le réseau de l'entreprise. Nous discutons ensuite avec les employés, ou les syndicats dans les grandes entreprises, pour cadrer le recours à Internet. Puis nous fixons des moments d'utilisation. C'est le secret de notre solution. Nous identifions, de manière transparente, chaque usager. L'objectif n'est pas de dénoncer, mais de voir sur quels sites il va, à quels réseaux sociaux il appartient. Qu'un directeur des ressources humaines aille sur Linkedin, c'est logique. Des chasseurs de têtes utilisent Facebook de manière professionnelle pour en savoir plus sur les candidats à proposer. Mais cela ne l'est pas forcément pour un employé du service comptabilité. Les patrons décident à la carte quelles personnes ont droit d'aller sur tels sites à tels moments et lesquelles n'y ont pas droit. Par exemple, jusqu'à 9 heures, le salarié a le droit de surfer à sa guise, d'aller sur Facebook, sur MSN, de lire ses e-mails, d'utiliser ses applications. A partir de 9 heures, seuls certains groupes ont encore accès à certains sites comme des sites bancaires, utilisés par l'entreprise pour se tenir au courant vis-à-vis de ses concurrents ou gérer son travail. Dès 11h30, la liberté peut être redonnée aux utilisateurs jusqu'à midi ou 13 heures, par exemple. Ensuite, c'est reparti sur des sites plus recentrés sur le travail. Si, vers 17 heures, les employés décident de rester une demi-heure de plus au bureau pour lire leurs e-mails, ils ont à nouveau la liberté d'aller sur Facebook, Twitter ou YouTube." Pourtant, surfer sur Facebook ou YouTube pendant les heures de travail augmenterait la productivité de 9%! C'est ce que démontre une étude menée à l'université de Melbourne. Les raisons? Surfer sur Internet pour son propre loisir permet de s'échapper un moment de son travail pour mieux y revenir avec davantage de concentration. Selon le Professeur Brent Coker, responsable de l'étude au département Management et Marketing de l'université australienne, l'attrait provient du besoin qu'éprouvent les gens à se déconnecter durant leurs heures de travail. Le même mécanisme s'observe sur les bancs de l'école, où la concentration des élèves baisse après une durée d'environ vingt minutes. Bien sûr, ces escapades sur Internet doivent rester limitées dans le temps. Elles ne doivent pas dépasser 20% de la durée totale passée au travail. Le Pr Coker met ainsi en doute l'efficacité des sommes colossales investies par les entreprises en infrastructures bloquant l'accès des employés à des sites de socialisation ou de diffusion de vidéos. Le professeur souligne toutefois que les incursions doivent être courtes et effectuées avec modération. En Australie, environ 14% des personnes surfant sur le Net montrent des signes d'addiction. Elles prennent ce type de pauses à des périodes inappropriées, restent longtemps en ligne et peuvent même devenir irritables si elles sont interrompues. Pour ce groupe, relève le professeur, les courtes pauses ne sont pas recommandées. Menée auprès de 300 employés, l'étude montre que 70% des personnes surfant sur Internet durant les heures de travail le font notamment pour des raisons de loisirs. Informations sur des produits, lecture de sites d'informations, jeux et YouTube sont au top des pauses Internet au boulot. Un site internet vous aide à faire bonne impression sur Facebook | Le Vif.be, avec Belga | 07/04/2011
Les entreprises se servent de plus en plus des informations disponibles sur les réseaux sociaux pour trier sur le volet les candidats à l’embauche. Il est dès lors grand temps de soigner son profile Facebook. Un site américain gratuit vient d’être lancé pour vous y aider
Ce site, Reppler.com, scanne le profil Facebook des candidats à l'embauche et fournit en quelques secondes un rapport en quatre catégories: "l'impression que vous donnez", "les contenus inadaptés", "les informations" et "les risques en termes de vie privée et de sécurité". Le site met ainsi en exergue les photos ou les messages postés sur Facebook qui risquent de donner une mauvaise image de l'internaute ainsi que les informations qu'il ferait mieux de garder secrètes. Il donne aussi une note sur l'apparence générale du profil. Le site analyse aussi la tonalité des messages de l'utilisateur, pour savoir par exemple s'il semble souvent en colère ou mécontent. Il pointe l'heure à laquelle les messages sont envoyés pour vérifier s'ils sont compatibles avec une vie de bureau. Il repère les termes peu flatteurs comme les insultes, ou les mots "alcool" et "drogue". Evidemment c’est un site en anglais, il n’est donc pas capable de déchiffrer tous les termes français qui pourraient vous nuire. Suicide virtuel, ou comment commettre l'e-réparable LeVif.be, avec Belga | Géraldine Catalano | 02/02/2010
Marre de l'e-vie? Pas facile de renoncer à Facebook, Twitter, MySpace... Des sites futés vous apprennent à leur dire adieu.
Suicide virtuel, ou comment commettre l'e-réparable Est-ce un début de révolte contre notre cyberdépendance croissante? Un retournement de tendance, dont l'acteur George Clooney serait devenu le fer de lance en déclarant, en novembre dernier, qu'il préférerait "subir un toucher rectal en direct à la télévision par un idiot aux mains gelées" plutôt que tenir une page sur le réseau social le plus populaire du monde? Il y a des jours où notre moi virtuel se sent furieusement antisocial, où l'on aimerait en finir avec l'existence numérique pour ne plus nous contenter que de la vie, la vraie. En langage Web, on appelle cela commettre un suicide virtuel. "Quand j'ai réussi à me désinscrire, j'étais très fière de moi!" Sur la Toile, les candidats se comptent par dizaines de milliers. Lassés des quiz débiles bombardés par leurs "friends", embarrassés de voir circuler sur MySpace des vidéos de jeunesse qu'ils jetteraient volontiers à la cyberpoubelle. Ils chantonnent devant la vidéo de "I'm getting bored of Facebook!" sur YouTube (voir vidéo), commencent leur cure de désintox à l'aide de patchs Facecorette et finissent par sauter le pas. Sur Twitter, un petit clic suffit pour prononcer le "requiescat in pace". La messe est plus longue sur Facebook. Après dix minutes de navigation hasardeuse dans le ciel azur du site (aller dans "aide", puis dans "mode d'emploi", taper ensuite "supprimer" dans le moteur de recherche), la procédure démarre enfin... pour ne prendre effet que quinze jours plus tard. "La démarche est un peu vicieuse, mais Facebook est un produit marketing qui n'a aucun intérêt à voir ses membres, et donc ses annonceurs, déserter", explique Olivier Abou, spécialiste des réseaux sociaux et auteur de Twitter, le mode d'emploi complet (éd. Micro Application). "Quand j'ai réussi à me désinscrire, j'étais très fière de moi! Je me sentais libérée, différente des autres", se félicite Marion, 22 ans, qui a tenu... quinze jours avant de décider de ressusciter parmi ses e-copains. Sa prochaine tentative sera peut-être la bonne. Grâce à Web 2.0 Suicide Machine et Seppukoo, l'expérience de fin de vie virtuelle se révèle en effet non seulement efficace, mais aussi amusante. Créé par des artistes de Rotterdam, le premier site fait en moins d'une heure un sort à vos comptes MySpace, Facebook, Twitter et Linkedin. Plus raffiné, Seppukoo, qui tire son nom du rituel sacrificiel des samouraïs, permet au candidat de personnaliser sa page funéraire et livre, en prime, un classement des meilleurs suicidés: plus vous invitez d'amis à vous rejoindre, plus vous gagnez de points! "La mort fait partie de la vie", peut-on lire sur le site. Commettre l'e-réparable La brutalité aussi: peu après leur lancement, Seppukoo et Web 2.0 Suicide Machine, ont vu leur application Facebook désactivée. "Au départ, il s'agissait simplement de jouer avec les concepts d'amitié, de liberté et de démocratie. Mais la réaction de Facebook trahit un peu plus leur volonté de monopole", explique Guy McMusker, directeur artistique des "Liens invisibles", le collectif à l'origine de Seppukoo. L'affaire devrait se régler devant un tribunal bien réel, lui. Les samouraïs n'entendent pas rendre les armes: grâce à eux, 20.000 "Facebookers" ont pu commettre l'e-réparable. Europe-Facebook, bras de fer sur la vie privée | presseurop.eu | 13.04.2011
La volonté européenne de graver le "droit à l’oubli" dans le marbre d’une loi sur la protection de la vie privée sur Internet pourrait radicalement changer la donne pour des sociétés comme Facebook et suscite des interrogations sur la liberté d’expression en ligne, écrit le Christian Science Monitor de Boston.
"Quitter Facebook ? Ca relève du cauchemar kafkaïen !", s’exclame Sean McTiernan, journaliste de Dublin d’une vingtaine d’années qui en tentant de sortir du célèbre réseau social, a découvert à quel point Facebook ne voulait pas le voir partir. Il est rare pour un jeune d’aujourd’hui de ne pas succomber à l’appel de Facebook, a fortiori quand il travaille dans un secteur où le média social est devenu si prépondérant. Mais voilà, McTiernan en avait tout simplement assez de "l’hyper partage" avec ses amis en ligne. Il savait qu’il ne serait pas facile d’en sortir (et qu’allait-il advenir de sa vie sociale ?) mais il décida de se lancer et de briser les chaînes de sa communauté virtuelle. "Au bout du compte, dit-il, j’ai fini par trouver un programme pour effacer, un à un, tous les commentaires, toutes les photos et tous les posts que j’avais pu mettre en ligne". Il n’était toutefois pas encore certain d’avoir complètement disparu du réseau. "J’ai donc réactivé mon profil et je l’ai laissé vierge : pas de photo, pas de post, pas d’ami. Je me sentais plus rassuré comme ça ", poursuit-il. En maintenant une présence fantôme, il était certain de ne pas être sur Facebook. Les réseaux sociaux et le besoin d'ajustement juridique Si la proposition européenne aboutit, les gens comme McTiernan pourraient avoir nettement moins de mal à effacer leurs traces de la Toile. L’Union européenne veut en effet offrir aux internautes le droit à l’oubli. Viviane Reding, commissaire européenne à la Justice, plaide pour un renforcement de la protection de la vie privée et souhaite donner aux internautes un meilleur contrôle sur les informations privées qui sont collectées, archivées, exploitées et éventuellement vendues par des sociétés comme Facebook, Google ou tout autre site permettant à ses utilisateurs de poster des photos, des informations privées ou quoi que ce soit de potentiellement embarassant. Cette nouvelle réglementation, dont la mise en place est prévue dans le courant de l’année, place l’UE à la pointe de la protection de la vie privée sur Internet et pourrait inspirer d’autres pays à mesure que le débat sur la réglementation en ligne devient plus pressant et polémique. Cette initiative pourrait également avoir de lourdes conséquences pour des sociétés comme Facebook, qui compte des millions d’utilisateurs en Europe et n’a pas souhaité répondre à nos questions. "Si les sites de réseaux sociaux et les services de partage de photos ont radicalement changé notre mode de vie, ces nouvelles technologies posent également de nouvelles questions", déclarait Viviane Reding en février dernier. Il est aujourd’hui "plus difficile de savoir quand des informations personnelles sont collectées. Les gens devraient avoir le droit – et pas seulement la possibilité – de retirer leur consentement à la collecte d’information. La charge de la preuve devrait être du côté de ceux qui utilisent vos données personnelles". Le droit à l’oubli n’est qu’une modernisation de lois existantes, a déclaré Matthew Newman, porte-parole de la commissaire à la Justice. "Ce droit existe déjà au sens où tous les résidents européens ont le contrôle de leurs données personnelles. Ce qui manque, ce sont les nouveaux usages apparus sur Internet. Il y a quinze ans, les médias sociaux n’existaient pas". Cet ajustement juridique devrait également obliger les sociétés à prouver qu’elles ont besoin des informations qu’elles demandent et permettre aux utilisateurs d’effacer toute trace de leur passage sur des sites qu’ils ont pu rejoindre. "Si vous ouvrez un compte sur Twitter, Facebook ou n’importe quel site de partage de photo, vous acceptez de partagez vos données même si vous ne lisez probablement pas les termes de cet accord, explique Newman. Il devrait être très simple de les effacer et d’obtenir qu’elles soient réellement effacées". 643 millions d'utilisateurs Facebook dans le monde Avec près de 643 millions d’utilisateurs dans le monde, Facebook a fait l’objet de critiques persistantes ces dernières années, ses détracteurs lui reprochant de n’offrir que la possibilité de "désactiver" un compte et non de le supprimer. Si certains saluent l’initiative européenne, d’autres – notamment du côté des sociétés américaines – s’élèvent contre ce qu’ils considèrent comme une atteinte à liberté d’expression. Sur son blog, le responsable de la protection des données personnelles chez Google trouve qu’il s’agit d’une "idée fumeuse" et écrit que "la protection de la vie privée est le nouveau noir des fashionistas de la censure". "Le problème concerne essentiellement les jeunes qui ont plus tendance à poster des photos embarassantes qui reviendront les hanter des années plus tard", explique Gavin Phillipson, professeur de droit à l’université Durham en Angleterre. Face à ce problème généralisé, les Etats-Unis préfèrent inciter les utilisateurs à davantage de responsabilité tandis que l’Europe a tendance à épingler la conduite des entreprises concernées. Lilian Edwards, professeur de droit à l’université de Strathclyde à Glasgow, est réputée pour ses positions libertariennes sur la question. Elle n’est pourtant pas entièrement hostile à la proposition européenne. "J’ai d’abord été séduite par cette idée, puis j’y ai trouvé quelques inconvénients, explique-t-elle. Le premier est d’ordre technique : sur Internet, l’information circule. Mais d’un point de vue légal et moral, le problème est surtout que la protection de ma vie privée empiète sur votre droit à la liberté d’expression. Si j’écris sur mon blog, 'John était bourré hier soir', c’est une information personnelle mais c’est aussi mon droit de m’exprimer librement". Débat Oui à la vie privée, non à l’oubli La militante des libertés civiles Tessa Mayes écrit dans The Guardian qu'à l'ère d'Internet, il existe des tensions croissantes entre le droit à la vie privée et la liberté d'expression. "Les demandes devant les tribunaux pour garder des détails d'une histoire privée anonymes sont de plus en plus courantes", écrit elle. "L'année dernière, l'ex-femme d'une célébrité de la télévision s'est vue imposer par la justice une interdiction de divulgation de données personnelles le concernant " . Par ailleurs, l'arrivée de services permettant de gérer sa réputation en ligne, capables de faire disparaitre toute information compromettante sur Internet signifie que "le commun des mortels entend bénéficier d'une protection aussi solide que celles des gouvernements, des célébrités et des grosses entreprises". Toutefois, "si se faire oublier peut séduire certains, faire de cet oubli un droit porte atteinte au concept même de droit. Plutôt que d'être quelque chose qui incarne la relation entre l'individu et la société, il prétend que cette relation n'existe pas". "Le droit à la vie privée s'explique parce que nous vivons dans une société. Nous exigeons d'avoir ce droit dans une société tout en restant impliquée dans celle-ci. Pour que notre vie publique fonctionne bien, nous avons parfois besoin de nous en éloigner". "En revanche, le droit à l'oubli est un retrait extrême, et dans sa forme la plus dure peut être assimilé à un acte antisocial et nihiliste. S'il est adopté, ce droit à l'oubli signifierait l'émasculation de notre pouvoir d'agir dans le monde". La vie privée ? Un truc de vieux | The Times Londres | 3/03/2010
Pour les jeunes, la vie privée n'existe que si elle est en ligne. © Sean Murphy
Quel contrôle devrions-nous pouvoir exercer sur nos informations personnelles en ligne ? Il existe un fossé entre les générations à ce sujet, commente l’éditorialiste britannique David Aaronovitch. Il y a peu, je me suis retrouvé engagé dans un débat acharné avec une personnalité de la défense des droits de l’homme. Nous parlions de la vie privée. Selon elle, le respect de la vie privée est un besoin inné de l’homme, pour l’essentiel immuable. Je pense plutôt qu’il s’agit d’un concept culturel. Pensez aux latrines publiques et ouvertes de Pompéi, et imaginez qu’on vous en installe de pareilles au bureau. Plus précisément, nous nous sommes posé la question de savoir si les générations adoptaient des attitudes différentes vis-à-vis de la vie privée, conséquence, entre autres, du développement des réseaux sociaux sur Internet. Je suis d’avis que oui. Quand j’étais adolescent, je ne disais absolument rien à mes parents, et guère plus au reste du monde. Des filles de l’époque ont pu être photographiées les seins à l’air pendant un festival de rock, des types surpris par l’appareil en train de fumer de la came, mais dans l’ensemble, une fois sortis, nous disparaissions purement et simplement. Mes enfants, eux, ne semblent pas gênés à l’idée que leur mère puisse tout connaître de leur vie sociale en allant sur Facebook. En fait, apparemment, peu leur importe que qui ce soit puisse voir ce qu’ils sont en train de faire — jusqu’à ce que ça déraille, bien sûr. Ils consacrent beaucoup d’efforts à créer l’identité publique qu’ils veulent afficher au regard des autres. Une exposition à ciel ouvert Avec quelque 130 millions de visites uniques par jour, Facebook pose la question du respect de la vie privée en des termes qui n’ont plus grand-chose à voir avec les obsessions habituelles liées à la télésurveillance ou aux velléités inquisitrices de l’Etat. Je viens d’apprendre que des universités américaines commençaient à s’intéresser aux sites Facebook des candidats avant un entretien. En ces temps où les notes obtenues à l’examen se doivent d’être doublées d’une évaluation psychologique, quoi de mieux que cette exposition à ciel ouvert des véritables passions d’un futur étudiant ? Qu’a donc fait Tristram en réalité au cours de son voyage dans le monde afin d’élargir ses horizons ? Ça m’aurait rendu fou. Les amis de ma fille à l’université, dit-elle, trouvent ça “plutôt cool”. Une étude de l’UE réalisée en 2008 laisse entendre que cette tendance serait générale. Les sondeurs se sont aperçus que si la moitié des jeunes qu’ils avaient interrogés étaient sûrs de réussir à préserver leur vie privée en ligne, un sur cinq seulement pense que ce serait une bonne idée de conférer aux utilisateurs “davantage de contrôle sur leurs informations personnelles”. Autrement dit, ils ne tiennent pas à bénéficier d’une protection supplémentaire et sont tout à fait heureux avec ce qu’ils ont déjà. Une image hors de contrôle En attendant, la capacité des entreprises privées à collecter des données en ligne en inquiète plus d’un. Choisissant souvent de recevoir des mails de sociétés travaillant dans des secteurs qui m’intéressent, je pense que le problème n’est pas là. Tant que l’on garde le droit de dire “non” aux cajoleries d’une société, le problème, à mes yeux, reste mineur. C’est pourquoi l’affaire de la tristement célèbre vidéo italienne me paraît plus importante. A la fin du mois de février, trois cadres de Google ont été condamnés par contumace pour avoir violé la vie privée d’un garçon handicapé, victime d’un abominable harcèlement de la part de ses camarades d’école à Turin. La scène, filmée, avait ensuite été mise en ligne sur Google Video. Tout le monde ou presque s’entend à reconnaître que le verdict est erroné, qu’il représente un camouflet pour la liberté d’expression, geste dont les implications risquent de saper Internet. Et ils ont parfaitement raison. Mais considérez maintenant la chose du point de vue des parents du garçon, ou du sien. Ils ont dû se sentir impuissants, blessés. Quel contrôle peut-on exercer sur sa propre image ? D’où la grande question de ce que l’on pourrait appeler la “gestion de la réputation”. Ou plutôt, si vous préférez, la gestion de l’identité publique. Que voulez-vous que les gens sachent de vous, et êtes-vous en mesure d’en garder le contrôle ? Le Web a accouché d’un nouveau phénomène : il consiste à fragiliser toute autorité dans le domaine de l’information en la saturant de fausses données. Il m’est arrivé d’être la cible de ce genre de désinformation, parfois par jeu (comme quand un inconnu a modifié mon entrée sur Wikipedia en ajoutant que j’étais Serbe de naissance), parfois avec l’intention de nuire. Je sais donc à quel point cela peut complètement fausser notre sens des réalités à tous. En d’autres termes, je pense que nous courons un risque bien plus grave que celui qui pèse sur la vie privée : que d’aucuns, au nom du respect de cette dernière, cherchent à déformer ou effacer la vérité, une vérité essentielle à la valeur d’Internet. Le manque de vie privée est peut-être gênant. Le manque de vérité, lui, est fatal. Marguerite Lizin
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