Sagan, à consommer sans modération...



Sagan, à consommer sans modération...
Parler de modération en évoquant Françoise Sagan constituerait la plus grande des inepties. En effet, ce que les autres appellent un "comportement modéré", avec ce qu'il apporte de compromis et de résignation, Françoise Sagan ne l'a pas vraiment connu.
Elle a toujours su garder ce regard d'enfant étonné, incisif, qui lui mangeait tout le visage, cette manière de flamber sa vie, ce dédain de l'économie de soi, et cette inaltérable énergie dans un corps apparemment frêle, qui faisait finalement penser qu'à jamais elle résisterait à tout : insomnies, alcool, vitesse, accidents, jeu, drogue, soucis d'argent, maladie.
Sagan est entrée brutalement dans le monde des lettres, comme par hasard et par effraction, à 19 ans seulement, avec un petit roman au titre inoubliable, "Bonjour tristesse".
Dans son style, jamais de bégaiements ni de bafouillis mais une façon d'aller trop vite avec les mots, comme elle allait trop vite avec l'existence.
Sagan est un mythe fait de formules brillantes, d'amours affranchies et de scandales tapageurs.
Mais Sagan, c'est avant tout une femme anticonformiste éprise de liberté.
Liberté d'écrire, d'aimer mais aussi de se détruire...
J'espère avec ces quelques lignes vous donner l'envie de découvrir ou de redécouvrir une "grande dame" de la littérature française.
Il faut également souligner la sortie du film de Diane Kurys, "Sagan", qui apporte un éclairage supplémentaire principalement axé sur la diversité et la complexité du "personnage" Sagan.

Mardi 9 Septembre 2008
Marc Stiernet