BIBLIVORES AVRIL 2017

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POUCET, Chantal

SirènesLes Sirènes de Bagdad / Yasmina Khadra. – Pocket

Une vision très réaliste de la situation irakienne actuelle, au niveau des « petites gens ». Où on se rend compte que, pour autant qu’ils soient méprisables, les dictateurs avaient peut-être la stratégie pour empêcher l’émergence de groupes terroristes. Ce livre m’a remis en mémoire les discussions que j’ai eues avec des tunisiens sur le thème de l’Islam et des conditions de vie sous la charia. Même s’ils condamnent en leur for intérieur les dérives qui, au départ de leur religion, enflamment le monde, ils avouent volontiers que les répressions, malheureusement, existent. Et c’est peut-être la raison pour laquelle il y a si peu de réactions citoyennes face au chancre du radicalisme.

Voyages en Autistan / Josef Schovanec

L’auteur est autiste Asperger. Raison de plus pour apprécier ses écrits puisque je suis personnellement en contact avec des personnes présentant ce trouble, souvent associé à une caractéristique HP d’ailleurs. L’auteur est chroniqueur radio et ses billets sont repris dans ce volume (il en existe un second) : tout à tout lucide sur la vie moderne, enthousiaste, plein d’humour, mais aussi profond dans ses propos, Schovanec en a des choses à nous dire, depuis « l’est » qu’il habite dans son esprit (autre titre de l’auteur: « Je suis à l’est »). Délectable et inspirant beaucoup d’humanité et de respect.

BOSCHIAN, Norma

Je me suis permise un marathon Orsenna !

Grammaire chansondouceLa Grammaire est une chanson douce / Erik Orsenna. ) le Livre de poche

L’auteur démontre que la grammaire est tout le contraire de cette chose aride et désincarnée qu’on enseigne à l’heure actuelle. Il fustige les « constructeurs » d’une grammaire nouvelle, exsangue, qui dégoûte les jeunes (je pense à Noam Chomsky avec sa grammaire universelle et ses suivants)…

Orsenna poursuit avec « Les Chevaliers du subjonctif » où il démontre avec brio l’utilité et les nuances de ce temps mal aimé. Dans « La révolte des accents », il fait apparaître l’importance de ceux-ci pour une bonne compréhension de la langue. Enfin, dans « La Fabrique des mots », il s’attelle à expliquer l’origine des mots, leur évolution, les apports nouveaux, …  

« les bons dictionnaires racontent la vie de chaque mot.

– Ah, parce que les mots ont une vie ?

« Bien sûr ! Et avec tous ces mots tu peux construire les histoires que tu veux, comme un maçon…Les mots sont des briques, Jeanne, nos briques ! Les briques de nos rêves, de notre fantaisie, de notre espérance »

(extrait de « la fabrique des mots », p. 19)

Dans un autre registre, le livre « L’origine de nos amours », l’auteur s’interroge sur une possible malédiction amoureuse qui les touche, lui et son père. Cette recherche les rapproche et dévoile une partie de l’histoire familiale, décrite avec humour et tendresse. « Ecrire et tricoter ont la même utilité : donner de la chaleur aux gens » (Ed. Stock, p.49)

la-femme-218x300Tout à fait autre chose à présent : « La Femme » d’Audrey Pulvar (Flammarion).

Dans ce livre, que l’auteure articule autour de cinq chapitres, démontre comment est considérée la femme dans la peinture.

« Les femmes, si elles demeurent peu reconnues en tant que créatrices, n’ont cessé de participer à l’histoire de la peinture…Cantonnées dans les rôles de divinités ou de Vierges Marie dévouées, de courtisanes, d’ouvrières écrasées par le dur travail, sous les pinceaux des peintres » (p. 12)

Diabolisées dans leur désir de liberté, non reconnues ou si peu par leurs pairs, elles luttent pour faire respecter et reconnaître leur travail.

Une fois de plus, je salue le travail de recherche et d’analyse de l’auteure qui tente de rendre justice aux femmes qui ont façonné le paysage pictural des époques.

Enfin, je voudrais vous entretenir de « Riquet à la houppe » d’Amélie Nothomb.

CVT_Riquet-a-la-houppe_1615L’auteure nous emmène dans une fable. Le héros, Déodat, compense sa laideur atroce par une intelligence hors normes.

Il traverse les vicissitudes quotidiennes (observation très juste de la cruauté imbécile des enfants) avec détachement et se découvre une passion pour les oiseaux. Son chemin croise celui de Trémière, jeune fille d’une beauté époustouflante, élevée par une grand-mère qui vit dans un autre monde, mais qui leur voue un amour passionné. Alors que Déodat s’épanouit en sa présence, elle souffre d’avoir été rejetée par ses parents.

Leurs destins s’unissent, ils connaissent enfin le bonheur. Si cela s’apparente quelque peu à un conte, l’auteure fait réfléchir aux conséquences de la discrimination, à la problématique du bouc émissaire, de la marginalisation, à la difficulté de trouver sa place socialement lorsqu’on est différent, du regard des autres qui condamne mais aussi du bonheur de pouvoir vivre sa passion, à l’importance de la complémentarité dans un couple.

Avec économie, tant de mots que de phrases, l’auteure dépeint avec justesse une partie de la société avec, en prime, une connaissance des oiseaux qu’elle nous fait partager. Sans oublier le détricotage des contes qui est édifiant !

LISENS, Lisette

DeprofundisDe Profundis / Emmanuelle Pirotte. – Le Cherche Midi

Synopsis

L’histoire débute à Bruxelles, dans un avenir très proche. Ebola III s’est étendu sur toute l’Europe comme une traînée de feu faisant des millions de morts.
Le chaos s’installe partout et au milieu survit Roxanne qui vend des médicaments pas toujours très clean et de la drogue.

De plus en plus de gens se suicident avant d’être contaminés.
Roxanne y pense aussi de plus en plus lorsque son ex-mari, atteint par le virus, décède en laissant leur fille de 8 ans à la garde de sa mère.
Roxanne, qui n’a jamais éprouvé de sentiment maternel vis-à-vis de sa fille Stella, se demande ce qu’elle va en faire. D’autant que Stella se mure depuis des années dans un mutisme d’où elle ne sort que rarement.

Face à une telle responsabilité, Roxanne décide d’emmener sa fille hors de Bruxelles où la violence règne à chaque coin de rue. Elle possède une propriété, laissée par sa propre mère, dans un petit village isolé de la province de Namur.

Si la maladie a épargné ce petit coin , il n’en va pas de même de la violence et du fanatisme en tout genre.

Dans cette maison Roxanne va changer, de même que Stella. En cause, une présence étrange semble hanter la demeure.

A vous de découvrir la fin de l’histoire !

C’est comme les montagnes russes, on passe par toute une palette de sentiments : la tendresse, l’amitié, la peur, la rage, le désir de vengeance… et parfois la rédemption.

Critique

De Profundis trouve son origine dans le psaume 129. Il s’agit d’une prière pour les défunts.

Ici, c’est de circonstance vu le nombre de victimes d’ Ebola III, sans parler de celles reliées à la violence, aux nouvelles sectes, aux satanistes…

Ce roman est une dystopie, c’est à dire une fiction qui dépeint une société imaginaire, telle qu’elle empêche ses membres d’atteindre le bonheur.

On sent qu’Emmanuelle Pirotte est avant tout scénariste dans sa façon de découper les scènes, la succession des événements…

Tout débute dans un climat d’horreur, de peur.
Les sentiments les plus bas et les plus vils remontent à la surface. La compassion et l’entraide semblent avoir pris la fuite.

Mais l’auteure donne une telle réalité à son récit qui débute à Bruxelles, se poursuit vers Liège, Huy, Namur… jusqu’à ce petit village perdu entre Ciney et Havelange.

Ce sont des régions qu’on connaît, qu’on a traversées. Cela ajoute à la vraisemblance.

C’est aussi le règne de la débrouille, l’essence est rare et chère, l’électricité rationnée…

De cet univers cauchemardesque, on passe à un roman presque de terroir avant de basculer dans le fantastique avec quelques scènes d’horreur.

C’est parfois déroutant même si l’histoire dans sa globalité m’a bien plu.
Mais je peux comprendre que certains le trouve dérangeant.

Biographie

Emmanuelle Pirotte est belge. Elle est historienne d’art de formation et est venue à l’écriture romanesque par un heureux hasard. Elle est également scénariste.

Bibliographie

Today we live 2015 est son premier roman, déjà traduit en 8 langues

De Profundis 2016

BALSIGER, Margarete

Les queues de Kallinaos de Hubert Monteilhet

On commémorera bientôt les 200 ans de la naissance d’un scientifique majeur de l’époque moderne et ce roman, qui est une CVT_Les-queues-de-Kallinaos_1689fantaisie imaginée au départ d’un voyage en mer bien réel, montre une des facettes de Hubert Monteilhet, auteur de romans : criminels psychologiques, historiques (Néropolis), pastiches d’oeuvres classiques (Andromac, Les bourreaux de Cupidon), contes philosophiques (Les derniers feux), etc. Toujours écrits d’une plume libertine, licencieuse et mordante, quelquefois cruelle (Le retour des cendres, La perte de vue, 2 romans qui traitent de la Seconde guerre mondiale), mais jamais vulgaire malgré les pires turpitudes décrites dans certains romans. Dans ses histoires la morale et la justice triomphent quelquefois, pas toujours, même si le chemin pour y arriver est vraiment tordu (Sans préméditation). C’est avec Joseph Kessel mon écrivain français préféré. Peut-être trop peu connu. Il manie la langue française à la perfection. Catholique croyant mais anticlérical, tout chez lui illustre pour moi une littérature française du 18e siècle revisitée au 20e. L’élégance de son écriture et un machiavélisme certain sont bien connus et me font penser aux Liaisons dangereuses de Ch. de Laclos. Dans ses romans on peut être sulfureux mais de morale stricte. Rien n’est interdit, du moment que c’est fait avec esprit et une âme pure. A côté de quelques « briques » (La pucelle), il a écrit en général des romans courts mais incisifs.

Il met en scène ici un Charles Darwin de fiction, jeune homme romantique et amoureux. Petit rappel historique. En 1831 Charles Darwin âgé de 22 ans embarque pour un tour du monde sur le HMS britannique The Beagle pour un voyage d’études qui débutera à travers l’Atlantique au Brésil, puis aux Galapagos, II a étudié à Cambridge la botanique et la géologie. Il reviendra de ce périple de 5 ans avec les fondements de sa théorie sur la sélection naturelle et l’évolution des espèces. Il lui faudra plus de 10 ans pour l’écrire (1844) et encore plus pour la faire connaître (1858) et publier le 24 novembre 1859. En 400 pages facilement compréhensibles et avec peu de mots scientifiques, il révolutionne, le mot est juste, l’idée de « l’humanité« . Ce sera un scandale mondial mais néanmoins de courte durée, Darwin n’aura pas été un autre Galilée. Il faudra cependant attendre presque 100 ans après sa parution pour que fin des années 1940 on démontre la dérive des continents et qu’en 1953 2 anglais découvrent l’ADN qui démontrera de manière irréfutable les liens entre les familles d’espèces cohabitant sur terre. Ce que Charles Darwin avait pressenti était enfin scientifiquement prouvé.

Le jeune Charles Darwin prêt à monter à bord est kidnappé et enrôlé de force sur un navire de la marine de guerre. Dans les îles grecques il parvient à s’échapper et rejoint à la nage une petite île qui appartient à un lord anglais exilé volontaire. Bizarrement tous les habitants ont une queue qui ressemble à celle des félins. Surtout la jeune et jolie fille du propriétaire, dont la longue queue qui paraît si douce bat l’air avec grâce. En le voyant sans queue tous ceux ceux qu’il rencontre le regarde avec compassion ou mépris. On lui conseille de dire qu’il l’a prise dans une porte et qu’on a dû la couper. Que se passe-t-il donc sur cette île ? Qui est fou, lui ou eux ? Petit à petit les pièces du puzzle se mettent en place et le drame se noue.

DESGAIN, Bernadette

Trois livres, trois écrivaines, trois histoires d’amour, voire du premier amour…

Mémoire de fille de Annie Emaux

Mémoires de fillesCette Annie la s’appelle en réalité Annie Duchesne et est née le 1 septembre 1940 à Lillebonne en France. Professeur de lettres, elle écrit une œuvre littéraire centrée sur la sociologie. Elle s’étudie beaucoup. Parle d’elle, cette enfant d’épiciers d’Yvetot en Normandie, dont elle aura honte fort longtemps, elle, l’intelligence de la famille. Dans ce dernier ouvrage elle tente de retrouver  » la mémoire d’une mémoire collective dans une mémoire individuelle. » Elle a énormément écrit toute sa vie durant, pensé, publie, participé à des colloques ou des ouvrages collectifs. J’ai suivi sa carrière car elle est de ma génération, lu beaucoup de ses romans. Ici elle est trop nombriliste !

Elle raconte comment et pourquoi la mémoire lui revient de petits faits de son adolescence et d’un grand traumatisme psychologique a 18 ans suite à sa première nuit d’amour avec le chef moniteur de la colonie ou elle s’est inscrite pour occuper ses vacances. Les langues de vipères vont bon train, les copains se moquent d’elle, les amies se détournent…elle devient la risée de tout le camp et va en souffrir jusqu’à aujourd’hui malgré l’adoration qu’elle avait portée à l’élu de son cœur qui s’en moque avec les autres. C’était en 1958, ce 58 reste gravé en elle dans le silence. Aujourd’hui elle a pu mettre en mots cette souffrance et s’en délester enfin.

Lettres du pays froid De Caroline Lamarche

lettres-du-pays-froid-62510-264-432Caroline lamarche est née à Liège le 3 mars 1955. Elle passe sa petite enfance en Espagne et son enfance en région parisienne. Elle a enseigné la littérature à Bruxelles et au Nigeria. Elle habite actuellement à Overijse.

En 1996 elle est couronnée du Prix Rossel pour « le jour du chien », écrit 6 romans, des nouvelles, des poèmes, des pièces radiophoniques. Elle se fait visiteuse de prison et a aide Eric Lammers accuse sans preuves du double meurtre de diamantaires anversois et de connivence avec les tueurs du Brabant en 1984.

Très curieuse atmosphère dans ce roman ou l’auteure se raconte à la première personne, regardant l’amour et la mort d’un œil froid. Elle et Loup sont amoureux de manière ambiguë, ce qui la conduit à visiter le docteur Alexis, un homme suicidaire, personnage trouble et troublant qu’elle prétend pouvoir sauver par l’écriture. Aussi lui adresse t il des lettres, des « choses » venues du froid dont certains passages tellement ressassés vont la mener au bord de la folie

Elle fait souvent référence à Frida Kahlo artiste peintre mexicaine au corps torturé par la polio et enfermé dans un corset suite à un accident du bus scolaire Cette petite femme est entièrement inféodée à un homme immense, son homme, artiste lui aussi Diego Rivera, qui lui fut constamment infidèle alors qu’elle le trompait avec des femmes ou avec Léon Trotsky car elle se disait bisexuelle… une femme énigmatique, cette Frida Kahlo dont Caroline Lamarche semble elle aussi être tombée amoureuse Quel monde !

EducationcatholiqueUne éducation catholique de Catherine Cusset

Catherine Cusset est la plus jeune. Née en 1963 a Paris, elle habite New York où elle a publié 9 romans. Elle reçut le Concourt des Lycéens en 2008 pour « Un brillant avenir » et le Grand Prix Litteraire des lectrices de Elle pour « Le problème avec Jade »

Dans « Une Éducation Catholique  » Catherine Cusset nous livre quelques notions d’autosatisfaction d’une plume grinçante. Son héroïne est sans nul doute son reflet, élevée par une mère parisienne juive athée et un père breton catholique qui est très fier d’être accompagne de sa fille Marie lorsqu’il se rend à la messe tous les dimanches. Marie a 13 ans et se raconte : d’abord la genèse de son éducation religieuse, qui engendre ensuite son éducation sexuelle et sentimentale, les années passant. Elle a une sœur qu’elle déteste parce que tout lui réussit, alors qu’elle, pour se prouver a elle même qu’elle s’émancipe, vole dans les supermarchés et ment tous azimuts.

Quand elle s’éprend d’une fille de sa classe appelée Ximena qui lit Homère, Platon et Casanova, (a 13 ans !) elle en devient l’esclave subissant sa loi ou son courroux, se pliant a des aventures sensuelles jusqu’à l’âge de 17 ans. Et la on comprend comment les personnalités manipulatrices parviennent à leurs fins, à force d’habileté et de persuasion. Quand Marie rencontre alors un garçon, elle va le porter aux nues et abandonne Ximena, froide et vexée. Mais Marie s’est trouvé un dieu. C’est ce qu’elle cherchait déjà à la messe des dimanches de son enfance.

À la lecture de ces trois livres écrits par des femmes qui ont toutes bien vécu, beaucoup étudié, beaucoup publié, je me suis demandée ce qui les poussait à retourner vers leur passé pour nous raconter par le menu la découverte de l’amour par des faits finalement assez banaux, la relation d’anecdotes sans beaucoup d’intérêt, des partages à mon sens bien inutiles au commun des lectrices dont je suis. Ces romans sont faciles à lire, bien écrits…mais je n’y ai rien appris. Alors : perte de temps 9 Oubli de ma propre adolescence ? Ou déjà sénilité ?…

ALBERT, Eric

FabriqueLa fabrique des terroristes / Patrick Desbois et Nastasie Costel. – Fayard

Cet essai regroupe une série de témoignages recueillis auprès de jeunes personnes ayant réussi à fuir Daech, pour se retrouver dans des camps de réfugiés, sous des conditions de vie précaire, en Irak.

Les auteurs ont voulu savoir comment le groupe terroriste parvenait à recruter des adhérents, en ce compris de tous jeunes enfants. Ils dressent un panorama effrayant sur les pratiques du groupe et se plaisent à construire certains ponts idéologiques et stratégiques entre le groupuscule djihadiste et les tortionnaires du III° Reich allemand.

Pour celui qui suit un peu l’actualité, ce livre n’a pas grand-chose à apprendre. On a tous vu les exactions des Fous de Dieu, des exécutions globales aux décapitations scénarisées, en passant par la destruction de bâtiments ancestraux. Ce qu’on sait – et qu’on voit – moins, ce sont les moyens par lesquels les terroristes parviennent à façonner leurs combattants. Cela commence très jeune : des enfants, emmenés de force ou enlevés à leur mère yazidi, sont drogués (par du captagon qui peut donner l’impression de la toute puissance) et drillés pour la prière, la dévotion, l’obéissance inconditionnelle, le sacrifice et la promesse de la mort. Envoyés en mission poser des bombes sur les routes, ils ne craindront pas le danger d’une explosion intempestive et se montreront même indifférents au sort de certains de leurs compagnons malheureux. Battus (on leur marche volontiers sur le ventre), humiliés (ce qui fera naître une volonté inébranlable de se surpasser et d’être accepté, reconnu, et utilisé comme combattant), les enfants deviennent de la chair à canon sans se poser de questions. Que dire des filles ? Violées à tour de bras, elles endossent le statut d’esclave sexuel, au bénéfice des « Daech » mais également de certains nantis (parmi lesquels des américains, des anglais, des allemands). Quand elles ont le malheur d’enfanter, le garçon est promis au Djihad tandis que la fille sera amenée à remplacer un jour sa mère, qui, devenue moins intéressante, connaîtra un funeste destin.

L’ouvrage revient donc aussi sur les décapitations de prisonniers (une mise en scène répétée des dizaines de fois, pour les besoins de la propagande télévisée, avant l’exécution réelle), sur la mise à mort par le feu du pilote jordanien (à laquelle la population d’un village a été tenue d’assister) et sur le régime de terreur que fait subir l’EI aux villageois qu’ils assiègent, n’hésitant pas à décimer toute une famille pour contraindre le père à se convertir et à embrasser le Jihad.

« La Fabrique des terroristes » prouve, s’il en est encore besoin, toute la cruauté, la bassesse et la détermination aveugle de ce groupe islamiste qui semble cependant se parer sous des paravents religieux pour assouvir avant tout des desseins purement politiques (à la solde des grandes puissances ?, comme semble vouloir le prouver un récent documentaire diffusé sur Arte (« Les Guerres secrètes de Daech »)).

Chancre du XXI° siècle, héritier des pratiques du nazisme, l’EI s’apparente également à un cancer qui s’étend sur le monde. Les auteurs ne proposent pas de solution pour éradiquer le fléau mais ajoutent une pierre de plus à l’édifice de la volonté européenne – voire mondiale – de se débarrasser une fois pour toutes de ce monstre tentaculaire…et du terrorisme qui y est lié. Pour autant que cela soit possible.

contre-le-colonialisme-numerique-manifeste-pour-continuer-a-lire_article_largeContre le colonialisme numérique /Roberto Casati. – Albin Michel

Le livre papier est-il mort ? A cette question, l’auteur répond avec réserve et pertinence. S’il est un fait que la civilisation moderne développe une tendance à tout numériser, il faut cependant garder à l’esprit que la pérennité de cette optique ne sera assurée que si cette numérisation peut réellement apporter un « plus » à l’utilisateur. Ce qui est évident avec la photographie – autrefois un art exploité avec parcimonie lors d’événements marquants, aujourd’hui une simple technologie présente dans tout téléphone portable permettant d’immortaliser des « notes visuelles » – ou avec la musique, apparaît beaucoup plus problématique avec le livre. Pour les ouvrages du type encyclopédie ou pour les recueils de recettes de cuisine, il n’y a que peu de doute : leur survie est clairement compromise tant l’outil informatique se révèle supérieur pour le maniement, ou par l’entremise du multi-support qui peut accompagner l’information de base (tuttos, vidéos, extraits sonores,…). Mais il n’en va pas de même pour l’essai ou pour le roman.

En effet, ces deux types de livres font appel à quelques capacités de l’esprit humain qui sont presque totalement dissoutes dans les outils numériques : la concentration, la lecture lente, la mémorisation.

La technologie tactile permet de voyager à grande vitesse sur le web mais la lecture sur ce support se révèle superficielle – car moins matérialisée que sur le bon vieux papier – et peut à tout moment être distraite par l’émergence d’emoticones, de publicité, d’annonces quelconques, de la survenue d’un mail…Les tentations sont légion et vont à l’encontre d’une disposition d’esprit tournée vers la compréhension et la mémorisation de ce qui est lu.

Il est indispensable de préserver l’éducation à la lecture lente, réfléchie et à favoriser la compréhension et l’analyse de ce qui est lu. D’où l’action primordiale de l’école. La lecture ne doit plus être un devoir, une occupation à laquelle l’élève doit s’astreindre durant ses temps de loisir. Elle est alors vécue comme une contrainte et elle est rejetée dès que l’enfant sort du cadre scolaire. Non, la lecture est affaire d’école : pourquoi, propose l’auteur, ne pas instituer des cours de lecture, même sur plusieurs jours ? Et le faire intelligemment en cherchant à déboucher sur l’amour de la lecture. Elle doit redevenir naturelle et indispensable. Il faut à tout prix résister à l’introduction du numérique comme outil d’apprentissage à l’école (plus loin que la lecture, la capacité d’écriture manuelle en serait compromise).

Il ne faut pas bannir les pratiques qui ont permis à l’être humain de se développer, d’acquérir la connaissance et la compréhension du monde, au profit de technologies dont le progrès incessant rend vite inopérants les apprentissages et qui ne peuvent se suffire à elles-mêmes (cf : l’électricité).

Sans vouer aux gémonies toute évolution numérique, Casati milite pour une utilisation responsabilisée de l’outil informatique en vue d’éviter une certaine déshumanisation cognitive.

TIMMERMANS, Alain

NuitmisothropeLa nuit du misothrope (BD) / Gabrielle Piquet . – Éd. Atrabile, 2017

Gabrielle Piquet (Paris, 1979)
Études de Sciences Po, a vécu à Londres, commence à publier en 2007.
Après huit BD de tout genre, elle passe ici à un niveau supérieur, plus sociologique…

La nuit du misothrope
Ce n’est pas une coquille, mais l’héroïne qui estropie sans cesse le mot ! L’auteur a son style de dessin propre : comme esquissé pour le fond, mais avec un trait fin et net, en noir et blanc C’est « une fable sur la solitude dans les grandes villes » (Vif-Focus, 24/03/17), mais en même temps beaucoup plus que cela ! Une réflexion sur les peurs, la rumeur, la fatalité, le retour des choses. Tout cela sur un mode faussement policier qui ne manque pas de style.

La trame est simple. Dans un quartier d’une grande ville américaine un phénomène étrange se produit tous les ans dans la nuit du 4 au 5 août : une personne disparaît.Nous suivons Josepha, contre-héroïne âgée, portant de grosses lunettes et à travers elle bien d’autres personnages. Certains sont dévorés par le doute, d’autres rongés par l’angoisse, quelques-uns se réfugient dans le déni, un autre encore se délecte dans le plaisir sadique ! Cette année, la nuit du 4 août apportera une étrange surprise… La chute du récit n’est ni molle ni téléphonée ; elle tient ses promesses.

Appréciation
L’auteure a du style et sait tenir son lecteur en haleine. Un lecteur qui se laisse peu à peu imprégner par le climat délétère mais bon-enfant en même temps. C’est là tout le charme de cet opuscule qui en dit beaucoup avec un air innocent, de l’air de rien. J’ai aimé pour la finesse de la description et pour l’entrelacs de genres particulièrement réussi.

CVT_Tous_4181Tous / Grégoire Polet. – Éd. Gallimard, 2017

Grégoire POLET (Bruxelles,1978)
Un écrivain bruxellois publié dès le départ chez Gallimard, cela ne se rencontre pas à chaque coin de rue ! Huit romans depuis 2005, dont cinq ont été primés. « Leurs vies écarlates » (2007), son principal succès, a récolté à lui seul trois prix plus une sélection au Goncourt 2007. « Tous » a la particularité d’être une fiction politique contemporaine qui débute comme une dystonie, puis tourne à l’utopie.

Tous
En interview, l’auteur part du principe « qu’il faut décrire la vie et la mort dans toute leur complexité : comme une ruche bourdonnante où tout peut se décrire sous des perspectives différentes. ».jjrgtgtytyytjyyrjyrjryrnjrttrnjtrnjtrjntrtrtrrtjrtjrtjtrjrtjyjryjryj
Ainsi démarre-t-on d’abord sur la vie de Carolina Gracq, jeune liégeoise écœurée par le système et devenant peu à peu activiste. Du mouvement des « indignés » (mai 2011) -auquel elle participe par hasard- se crée une solide association : « TOUS ». Le postulat du groupuscule est intéressant et bien réel : dans nos vieilles démocraties, les « représentants » ne représentent plus le peuple, mais leur propre caste. Il faut en revenir à une forme de démocratie « directe » qui en finit avec la particratie. « Tous » invente un système de représentation à cercles imbriqués bien plus proche du peuple. Lent à convaincre, l’association démarre soudain en flèche. Les universités s’y rallient, le Marché mondial aussi, même les milliardaires finissent par y trouver leur compte ! Entretemps, Carolina Gracq a été victime de la tuerie de la Place St Lambert en septembre 2011, elle y a perdu une jambe, un bras et un œil. Pleine d’espoir, elle finira néanmoins par succomber…jgidejfoiehbeiohjerbiehbjeibhebeohbeobheibjierbii
Nous suivons ensuite la vie de Elefthérios Viridis (diplomate grec) qui a rejoint les rangs de « Tous » en pleine crise grecque -2012. Son fils, Iannis, sauve la Grèce du désastre en s’inspirant des idées de « Tous ». Le monde entier embraie sur le mouvement !.. Viridis meurt dans un accident de voiture début 2015.
Enfin, nous prenons connaissance des notes de Bogdan Dudek, polonais. Son fils est mort à la suite d’une erreur du « bien commun » mondialisé. Il n’arrive pas à faire entendre sa voix dans le système de démocratie directe, stratifié au fil du temps… Et tout recommence : il va planter sa petite tente devant l’énorme Parlement européen de Bruxelles avec une banderole : « ASSASSINS ».

Appréciation
Bien construite, implacable dans sa logique, cette politique-fiction a de quoi nous donner froid dans le dos : on retombe sur l’idée que le Pouvoir finit par corrompre « tout » ( !) système. Un ouvrage édifiant pour qui s’intéresse tant soi peu à la politique… On nous promet toujours un monde meilleur, mais le soufflé finit toujours par retomber même s’il tient le coup un temps après la sortie du four. Bref, un tremplin pour une réflexion en grande profondeur.
Pour ma part, j’ai assez apprécié cette lecture, mais reste sur « le défaut de la qualité » du constat final. En effet, si la politique ne sert au bout du compte qu’à faire miroiter des lendemains radieux, on finit par s’en désintéresser. Cette démotivation débouche sur un autre adage : « Si tu ne t’occupes pas de la politique, la politique, elle, s’occupe de toi ». Quoi qu’on en dise, la politique, « art de gouverner la cité », demeure un rempart contre les abus, les exactions, les injustices en général et la déviance dictatoriale… Un moindre mal, si l’on peut dire.

QUINET LE DOCTE, Michelle

EtdanslaforetEt dans la forêt j’ai vu / Vincent Engel

Attirée par le nom de l’auteur, Vincent Engel, dont j’avais découvert la « plume » et partagé l’amour pour la Toscane dans Retour à Montechiarro, je n’ai pu résister à acheter ce petit livre dont la couverture facétieuse m’a intriguée.

Au fil des pages, c’est à la fois le « fan » de la Toscane et l’écrivain « troublé » par la vie des italiens sous le joug du Duce et de ses adeptes, que je redécouvre.

En suivant les états d’âmes des protagonistes, l’histoire me semble légère, comme ce jeune funambule / magicien, qui fait la couverture.

C’est donc une fable « campée » dans un réel tragi-comique, plus tragique que comique, dans laquelle l’auteur nous invite à le suivre… sans trop nous émouvoir ni partir dans de grandes envolées !

Bien que le suspense, soit de la partie il ne nous donne pas vraiment de frissons … … il intéresse c’est tout !

Mais lorsque, j’ai pris connaissance du fait que Vincent Engel avait écrit ce petit roman pour les jeunes et afin d’ en faire un spectacle avec Dragone je comprends mieux que la piste aux étoiles puisse ouvrir ses portes et que le clown mêle ses rires aux larmes pour la plus grande plaisir de ceux qui aiment le Cirque …

(comme moi ! Eh oui !)

ArreteArrête avec tes mensonges / Philippe Besson

Ce roman que Philippe Besson a présenté avec sincérité lors de l’émission radiodiffusée de la « Librairie Francophone » a attiré mon attention.

C’est le « dire vrai » qui transparaissait des propos de l’auteur qui m’a donné envie de lire son récit … son retour aux sources !

Car c’est bien d’une « redécouverte » de ses premiers amours à laquelle nous entraîne l’auteur. Il souhaite nous faire rentrer dans la peur et l’émotion devant l’aveu de son attirance pour un garçon, pour les garçons.

Avec un style fluide, il nous fait le récit de Cette Aventure d’une vie…le portrait de son premier amour d’enfance qui lui ne s’est jamais assumé ! Son histoire remplie de secrets, de frustrations, de passions refoulées vit sous sa plume « habile » dans un rythme qui permet de ne pas nous entraîner dans une sinistre histoire d’amour même « mortelle » !

Il me faut dire que la présentation « radiophonique  » de ce livre était plus « attirante » que sa lecture …mais il est toutefois intéressant d’accompagner et comprendre cette histoire qui n’est certainement pas « extraordinaire » …tout en étant toujours peu ou mal acceptée actuellement !

« Arrête avec tes mensonges » nous invite à sortir des jugements, tabous, pénalités, difficulté d’être soi… et des mensonges bienséants !

Ph. Besson a sans doute écrit ce livre pour aider notamment des jeunes à s’accepter, à comprendre : j’aime à croire que c’est réussi !

DieuhavaneDieu n’habite pas la Havane / Yasmina Khadra

Très  » intéressée et même attachée » aux différents romans de Y. Khadra, c’est avec curiosité que j’ai été attirée par ce dernier livre .

De plus, la Havane occupe à nouveau le devant de la scène médiatique par ses soubresauts politiques et ses « hits » chaloupés portés par une mamy étonnante « Calypso Rose » …qui « crève » les écrans depuis quelques mois !

Toujours très préoccupé des sentiments qui mènent nos vies, la vie des hommes et des femmes dans leur intimité et leurs rapports aux autres quelques soient leur milieu social, leurs origines, Yasmina . Khadra a besoin de décrire, d’écrire, de nous faire vivre les relations qui régissent nos vies , qui nous entraînent dans le tourbillon de la Vie !

Dans cette ville mythique de la Havane ,attentif aux enchevêtrements des « moments » de la vie d’une star déchue, d’une jeune femme brisée par une agression, d’une famille construite sur la solidarité fraternelle , notre auteur, cet algérien sensible qui écrit sous un pseudo très féminin, « fait bas les masques » et décrit sans « honte ni fierté déplacée » le renouveau amoureux d’un sexagénaire qui ne veut pas pleurer sur son âge !

Ce roman qui semble bien loin de la tension sociale et politique de l’ ATTENTAT, ou encore des HIRONDELLES De KABOUL , décrit crûment , comme une rumba à deux temps où deux corps cherchent le « bonheur » , une Havane où les Dieux sont partis en voyage et où dès lors chacun doit construire sa vie dans une solidarité pleine de trucs, astuces, mais aussi en s’appuyant sur la famille !

La musique qui « rythme le décor de ce roman ,non seulement s’accommode du régime politique ambiant qui cultive la compromission et les passes droit … mais encore se nourrit d’une sensualité que l’âge de gloire qui passe ne renie pas

C’est sans difficulté et avec un petit piment de suspens que cette petite fresque passe sans vague et plaît tout simplement. !

LENAERS, Jo

TerrehommesTerre des hommes / Saint Exupéry

Comment ce livre conseillé et prêté par un ami allait-il me parler ? Le sujet à priori était bien éloigné de mes sujets de prédilection. Mais j’ai été d’emblée séduite par la magnifique écriture qui m’emmenait sans résistance au coeur du sujet.

Les premiers mots étaient prometteurs : « La terre nous en apprend plus long sur nous que tous les livres. Parce qu’elle nous résiste. L’homme se découvre quand il se mesure à l’obstacle. »

Un peu plus loin ( en vol de nuit ) : « … les rares lumières de la plaine, comme des étoiles, signalaient, dans cet océan de ténèbres, le miracle d’une conscience. Dans ce foyer, on lisait, réfléchissait, on poursuivait des confidences. Dans cet autre, peut-être on cherchait à sonder l’espace, on s’usait en calculs sur la nébuleuse d’Andromède. Là on aimait. (….) Jusqu’aux plus discrets, celui du poète, de l’instituteur, du charpentier. Mais parmi ces étoiles vivantes, combien d’étoiles éteintes, combien d’hommes endormis.

Voilà donc le sujet : comment l’homme, c’est-à-dire l’auteur se forge, s’élève…et va faire partie d’une élite.

Dans les premiers chapitres il raconte ses aventures de « la ligne » qui le confrontent à la difficulté extrême de voler dans ces temps héroïques, confronté à des erreurs qui se terminent en accidents dans le désert.

Pour Saint-Exupéry, c’est le sens de la vie ! Seul le héros vit véritablement.

A la page 22-23, il se rend à l’aube, en omnibus, à l’endroit d’où il décollera. Il se voit entouré d’ « humbles méditations d’employés vieillis » auxquels il dédie un paragraphe qui m’a frappée :  » Vieux bureaucrate, mon camarade ici présent, nul jamais ne t’a fait évader et tu n’en es pas responsable. Tu as construit ta paix à force d’aveugler de ciment, comme le font les termites, toutes les échappées vers la lumière. Tu t’es roulé en boule dans ta sécurité bourgeoise, tes routines, les rires étouffants de ta sécurité provinciale… »

Les aventures qu’il raconte ensuite sont passionnantes. Il se trouve parfois dans le désert au seuil de la mort, sans eau ni nourriture, sauf une orange retrouvée p 185… »…les hommes ne savent pas ce qu’est une orange (…) Cette demi-orange ( il la partage ) m’apporte une des plus grandes joies de ma vie (…) Me voici, pour une minute, infiniment heureux.

A la fin du livre, il se souvient « des bureaucrates vieillis« , et d’un voyage de 3 jours en train vers une destination que je n’ai pas comprise ( vers la « patrie en marche « ) où les 1ères classes sont vides mais où les voitures de 3e abritaient des centaines d’ouvriers polonais congédiés de France  » Tout un peuple enfoncé dans les mauvais songes et qui regagnait sa misère (…) ils me semblaient avoir à demi perdu qualité humaine, ballottés d’un bout de l’Europe à l’autre par les courants économiques… ) St Ex s’assied en face d’un couple qui entourait un enfant « … il était né de ces lourdes hardes cette réussite de charme et de grâce (…) . Il pense « Voici un visage de musicien, voici Mozart enfant, voici une belle promesse de vie. (…) Je regagnai mon wagon. Je me disais : ces gens ne souffrent guère de leur sort. Et ce n’est pas la charité ici qui me tourmente. Il ne s’agit point de s’attendrir sur une plaie éternellement ouverte ( …) Je ne crois guère à la pitié. Ce qui me tourmente, ce n’est point cette misère, dans laquelle, après tout, on s’installe aussi bien que dans la paresse. Des générations d’Orientaux vivent dans la crasse et s’y plaisent. (…) Ce qui le chagrine « C’est un peu, dans chacun de ces hommes, Mozart assassiné. »

Ecriture d’un aristocrate qui exalte les qualités d’exception, d’héroïsme, un élitisme de classe certainement mais qui ne s’est pas contenté de vivre dans la soie, qui a affronté les plus grandes difficultés, en trouvent la vraie noblesse de l’homme, et en nous faisant partager par sa magnifique écriture l’aventure d’une vie qui cherchait les étoiles dans le ciel et sur terre.

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