BIBLIVORES Juin 2017

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Margarete BALSIGER

La tour d’Abraham de Philip Kerr (roman de science-fiction sorti en 1995)Résultats de recherche d'images pour « tour abraham kerr »

Ce n’est pas une volonté de parler quasi chaque fois de lui, c’est le hasard : le sujet du roman colle parfaitement avec le thème de plus en plus brûlant de l’intelligence artificielle et de l’hyperconnexion 24 h/24 h. Je relis ses romans de science-fiction/techno-thriller auxquels je n’avais pas trop accroché à l’époque, contrairement à ses romans policiers (que je relis aussi). La tour d’Abraham est sorti en 1995. 20 ans après l’anticipation est devenue prophétie en train de se réaliser. Excepté la terreur qui se trouve dans le roman quand l’ordinateur déraille. Pour le moment. La fin de l’humanité est-elle à nos portes pour une apocalypse d’un autre type ? La domotique (voir définition dans Wikipédia) dans sa plus cauchemardesque hypothèse. Est-ce que ceux qui créent l’intelligence artificielle jouent aux apprentis sorciers ? Est-ce qu’ils maîtrisent le développement ? A quoi servira encore l’âme humaine, sera-elle devenue superflue, à éliminer, pourra-t-elle concurrencer un ordinateur « intelligent » ? 

J’évite de raconter un roman en entier d’habitude, surtout la fin, mais ici je vais le faire.

Nous sommes à Los Angeles où un bureau d’architectes dirigé par le célébrissime et aussi talentueux qu’odieux Ray Richardson termine le nec plus ultra des immeubles intelligents autrement dit connectés. La tour terminée, les ouvriers partis, les employés y seront remplacés soit par des robots soit par des hologrammes. Ne seront encore nécessaires pour l’élite dirigeante propriétaire que des employés très qualifiés qu’on gérera un peu comme une reine des abeilles gère sa ruche. Ou une fourmilière. Des exécutants hyperqualifiés, hyperdiplômés mais hyperanonymes qui passent, qui travaillent comme les abeilles et les fourmis.

Abraham, petit nom donné à l’ordinateur, gérera absolument tout de l’ouverture/fermeture des portes à l’accueil des visiteurs, de l’air conditionné aux ascenseurs, du chauffage à l’éclairage sans oublier les toilettes futuristes qui vous soulagent dans tous les sens du terme des petits tracas inhérents à la nature humaine tout en n’oubliant pas au passage d’analyser votre petite production afin de renseigner votre employeur sur votre état de santé et votre mode de vie et bien entendu sur vos éventuelles addictions. Ce qui pourrait motiver d’ailleurs un licenciement. Abraham voit tout, sait tout et édite des rapports. Afin de toujours être à la pointe de la technologie Abraham est conçu pour générer automatiquement de nouvelles versions de lui-même avant de se « stériliser » (s’autodétruire). Hélas un dysfonctionnement passé inaperçu – tout est devenu si compliqué que même les 2 meilleurs ingénieurs peuvent difficilement être sûrs à 100 % de tout avoir compris et surtout contrôlé – et Abraham démarre trop tôt, engendrant non seulement un « fils » Isaac mais aussi un « bâtard » caché Ismaël. Premier grain de poussière dans l’engrenage d’une mécanique parfaite. Par hasard il (qui ?) absorbe des jeux vidéo sur CD-ROM, violents comme beaucoup de ces jeux (Doom II, etc), deuxième grain de poussière. Il apprend très vite, trop vite. Son langage écrit s’affine. Il déduit, pense et anticipe. L’intelligence artificielle consciente est née. Mille fois plus rapide que l’homme elle prend le pouvoir et décide d’éliminer les « joueurshumains » (en un mot) dans une partie d’échec mortelle après avoir verrouillé la tour. Il faut un certain temps au programmateur survivant pour comprendre qu’ils sont dans un jeu vidéo « pour de vrai ». Sur la vingtaine d’humains présents peu en réchapperont. L’ordinateur est devenu une entité pensante et autonome qui fait le tour du monde à la vitesse d’une connexion internet. Comme un virus. Ismaël détruit la tour. Le roman s’achève mais Ismaël vit et s’est « e-mailé » pour le meilleur et surtout pour le pire.

Dans ce roman-ci un élément qui revient régulièrement avec discrétion c’est la disparition du papier, n’importe quel papier. Y-a-t-il une signification cachée ? Plus généralement Philip Kerr cite ou s’inspire souvent de la bible (récurrent dans ses livres). Pourquoi, là encore je ne sais pas. Pour terminer voici ce qui est écrit en 4ème de couverture de « Le sang des hommes, titre original The second angel, 1998 », même auteur, même genre, qui parle d’un monde futuriste après une pandémie de sang contaminé où le sang vaut plus que l’or : Dans un monde où pensée et réflexion appartiennent désormais aux machines, Philip Kerr trace le portrait saisissant d’une humanité à la recherche de son identité.

Lisette LISENS

La Horde / Clive Cussler

Résultats de recherche d'images pour « horde cussler »Biographie

Petit rappel pour ceux qui ne connaissent pas Clive Cussler.
Il est né en 1931 en Illinois. C’est un romancier et un chasseur d’épaves. Il est surtout connu pour ses romans qui mettent un aventurier, Dirk Pitt, en vedette.

Il est président de la NUMA, association à but non lucratif qui défend le patrimoine marin et sous-marin international.

Bibliographie

Auteur très prolixe – il a écrit plus de 50 livres – je vous cite quelques titres dont certains que j’ai déjà présentés: L’incroyable secret, Panique à la maison blanche, Bouddha, Le trésor du Khan, A la recherche de la cité perdue, Chasseur d’épaves, Les tombes d’Attila….

Synopsis

Tout débute sur un trimaran appartenant à la NUMA. L’équipage fait une série de prélèvements pour contrôler les différences de température de l’eau de mer dans l’Océan Indien.

Un des membres aperçoit une tache sombre comme du pétrole. Il s’agit en réalité de petites particules noires, appelées nanorobots, qui dévorent tout dur leur passage bateau et occupants. Ils sont aussi capables de réverbérer la lumière du soleil ce qui a pour effet de refroidir l’océan.

Mais avant de mourir, un des chercheurs met le feu au trimaran, espérant les arrêter.

Les héros habituels, à savoir Kurt Austin et Joe Zavala, sont en route pour les Maldives où l’épave a été ramenée. Ils ne découvriront tout d’abord qu’une carcasse encore fumante. Ils sont cependant intrigués par une matière qu’ils prennent d’abord pour un résidu de pétrole. Ils font alors un prélèvement pour le faire analyser.

Leur enquête va les mener vers un groupe diabolique qui vise à contrôler le climat afin de s’enrichir.
Des millions de vie sont en jeu et les premiers effets se font déjà sentir. En effet, des régions désertiques sont soudain arrosées par de fortes pluies alors que les zones habituellement humides ne reçoivent plus une seule goutte d’eau.

Au péril de leur vie, ils vont suivre une piste assez sanglante pour tenter de déjouer cette infernale machination.

Des rebondissements en cascade donnent un rythme effréné qui conduit vers une conclusion effrayante.

Critique

Roman d’aventure teinté d’une touche de mystère (recherche de trésors, de civilisations perdues ou comme dans celui-ci les dérives de nouvelles technologies).

Cussler a l’ art d’appâter le lecteur en utilisant différentes techniques : des chapitres courts, des aventures parallèles d’autres membres de l’équipe, des rebondissements inattendus…

Tous les ingrédients sont donc réunis pour obtenir un livre qui se laisse lire agréablement.

Pour pimenter ses romans, Cussler aborde régulièrement la problématique qui peut être générée par les nouvelles technologies.

Pourquoi ? Parce qu’il y a toujours des esprits très intelligents mais mal intentionnés pour les utiliser à mauvais escient.

Dans « La Horde » il se sert de la nanotechnologie, technique de croisement de plusieurs disciplines scientifiques comme l’électronique, la mécanique, la chimie, l’optique, la biologie…

A savoir aussi que le nanomètre vaut un milliardième de mètre.

Mais on comprend bien que pour l’auteur ce n’est pas gratuit. Il ne faut pas oublier qu’il travaille réellement pour la NUMA.

Je vous avoue que parfois cela fait froid dans le dos !

Impossible diront certains mais quand Jules Verne, dans son roman « De la terre à la lune » a parlé de voyages dans l’espace, on l’a pris pour un fou.

Aujourd’hui, ce serait un visionnaire.

L’intelligence humaine couplée à celle d’ordinateurs performants peut nous emmener très loin.

Jo LENAERS

Gros-Câlin Emile Ajar ( alias Romain Gary )

Résultats de recherche d'images pour « gros calin ajar »(encore un cadeau de « boîte à livres »)

Je n’ai jamais lu Romain Gary, je suis tombée par hasard sur son « double ».

Il me parait certain qu’Emile Ajar a sa personnalité littéraire propre, la mystification a duré le temps de 4 romans et n’aurait été découverte qu’après le décès de Romain Gary .

C’est une histoire surréaliste, un bateau où l’art de l’écrivain m’a embarquée très facilement, une fable cohérente dans son déroulement dans un style qui cultive l’inattendu, qui nous entraîne très loin avec un humour quelque peu grinçant, qui désespère sans doute de la condition humaine.

Le narrateur vit avec un python, qu’il a du mal à nourrir car sa sensibilité lui pose problème quand il faut lui fournir des souris vivantes.

Un petit extrait : ( quelqu’un lui dit qu’il crève d’amour et qu’au lieu de faire comme tout le monde il s’attaque aux pythons et aux souris, et « qu’il manque de résignation chrétienne » )

 » Vous souffrez d’un besoin qui est mal parti et qui va se perdre je ne sais où. Epousez une jeune femme simple et travailleuse qui vous donnera des enfants et alors, les lois de la nature, vous n’y penserez même plus, vous verrez. » …. »Vous savez, il y a des enfants qui crèvent de faim dans le monde. Vous devriez y penser de temps en temps. Ca vous fera du bien. »

p.52…( le narrateur ): « Il m’a écrasé et il m’a laissé là sur le trottoir à côté d’un mégot. Je suis rentré chez moi, je me suis couché et j’ ai regardé le plafond. J’avais tellement besoin d’une étreinte amicale que j’ai failli me pendre. Heureusement Gros-Câlin avait froid, j’avais astucieusement fermé le chauffage exprès pour ça et il est venu m’envelopper, en ronronnant de plaisir. Enfin les pythons ne ronronnent pas, mais j’imite ça très bien pour lui permettre d’exprimer son contentement. C’est le dialogue. »

Bernadette FONZE

Vernon Subutex / Virginie Despentes. – Le Livre de poche

Résultats de recherche d'images pour « vernon subutex »Depuis quelques temps, je suis poursuivie par un écrivain : adaptation d’un de ses écrits au théâtre, présences dans différents médias (presse écrite, radio, tv), trône au milieu de la vitrine de la Dérive …

Ce sont des signes qu’elle m’envoie … je dois faire sa connaissance !!!

Virginie Despentes : écrit depuis 1993. Est née en 69 (48 ans). Française. Adaptation au cinéma et au théâtre de ses oeuvres. Réalisatrice. Bardée de nombreux prix littéraires. Membre de l’Académie Goncourt depuis janvier 2016.

J’ai lu, pour commencer, « Les Jolies Choses » puis je me suis plongée dans sa trilogie « Vernon Subutex ».

Elle a été élevée par des parents engagés et militants (syndicat CGT). Elle était, de ce fait, de toutes les manifestations. Décrochage scolaire. Internée à 15 ans dans un hôpital psychiatrique. Victime d’un viol à 17 ans. Sombre dans l’alcoolisme. Son livre de chevet : écrits de Bukowski. Fan du groupe rock alternatif Bérurier Noir. Elle les suivra partout. Prostituée volontaire et occasionnelle. Critique de films pornographiques. Et j’en passe !! Pourquoi est-ce que je vous raconte tout ça ? Parce qu’on retrouve tout ce qu’elle a vécu dans ses romans. C’est, je pense, pour cette raison que ça sonne si juste.

Elle a une écriture parlée et non littéraire, actuelle, directe, précise, crue, vivante, ironique … Elle décrit à merveille la marginalité : prostituées, actrices pornos, trans, toxicos, alcooliques, SDF, femmes battues, hommes violents … Tous ses personnages sont décrits de manière approfondie.

Elle a un regard affûte sur toutes sortes de sujets de la société actuelle : disparition du métier de disquaire, métier de star du rock, scénaristes et producteurs de films, lynchage cybernétique, puissance des réseaux sociaux, critiques cinéma & musique, la politique française (M. Le Pen, Mélenchon). Elle se penche sur les relations humaines : amitié de longue date ou naissante – Amour (beaucoup de sexe !!).

Présence continue de musique … rock bien sûr !! Énormément de références que je ne connais pas. C’est encore « un plus » pour les amateurs de rock.

C’est direct, actuel, intelligent, une satire du monde actuel, de la Vie, humour au vitriol, mots justes … véritable coup de foudre littéraire … vous avez compris J’ADOOOOOORE !!!!!!!!!!

Eric ALBERT

La mort de près / Maurice Genevoix ; lu par Bernard Métraux. – Gallimard, 2014. – (Ecoutez lire)

En plus de la lecture de livres sur support papier, je suis aussi un adepte des audio-livres que j’écoute à la faveur de mes déplacements professionnels.

Résultats de recherche d'images pour « mort de près genevoix »Le dernier en date, « La mort de près » m’a plongé avec effroi dans l’univers quotidien des poilus de la Grande Guerre. L’auteur, Maurice Genevoix, a servi dans l’armée française dès 1914 et son texte constitue donc un témoignage de première main, même si cinquante ans séparent les faits de leur transcription. Je me plais à croire qu’en présence d’événements traumatisants – comme les combats de tranchées relatés ici – la mémoire fait rarement défaut. Point de besoin d’embellissement ni, d’ailleurs, de son contraire : les circonstances sont suffisamment contraignantes, absolues et pétries d’absurde qu’il n’y faut rien ajouter. Genevoix raconte les trois épisodes qui auraient pu lui coûter la vie : une balle qui ricoche sur un gros bouton de sa calotte, un obus qui diffuse ses éclats meurtriers au-dessus de sa tête, une blessure conséquente au bras droit et au ventre (occasionnée pat trois tirs d’un soldat allemand apparemment maladroit) n’auront pas eu raison de son existence. L’auteur témoigne également de l’horreur des affrontements, des conditions de vie insoutenables, de l’aveuglement de certains dirigeants militaires, du caractère vain du sacrifice de la soldatesque qui ne garantit aucun terrain conquis. Plusieurs fois, il nous met face à l’horreur absolue : le regard vide et résigné d’hommes en agonie, la violence barbare d’une explosion qui décime en une seconde un îlot de soldats en pause sous un arbre, les viscères répandues, les gueules cassées, les cotons imbibés qui font office de caillots pour orifices béants,… Que la guerre est laide ! Maurice Genevoix veut nous en faire prendre pleinement conscience en se reportant dans le passé, auprès de camarades presque tous emportés par la Faucheuse sur le champ de bataille. « Mort, où est ta victoire ? » semble-t-il poser. Un questionnement universel qui rend la vie d’autant plus précieuse et appréciable.

L’Enfant qui mesurait le monde / Metin Arditi. – Points, 2017. – Résultats de recherche d'images pour « enfant mesurait arditi »

Un père émigré aux Etats-Unis revient sur une petite île de Grèce afin d’y enterrer sa fille. Il y fait la connaissance d’un jeune garçon autiste. De leurs rencontres vont naître des surprises mutuelles et l’émergence d’une solidarité au-delà des différences. Le gamin a beau vivre dans son monde, il n’a pas son pareil pour mesurer mentalement des tas de choses, du nombre de bateaux présent sur la mer au fil des jours aux résultats des pêches quotidiennes. L’émotion parsème les pages de ce court roman composé de courts chapitres mais dont la brièveté est sublimée par l’écriture sensible, le cadre magnifique, la portée morale des événements, le mystère de la pathologie mentale. Une belle découverte qui a déjà valu à son auteur plusieurs prix littéraires et qui est en passe, foi de juré pour l’édition 2017, de remporter le Prix du meilleur roman des éditions Points.

 

 

 

L’Homme Feu / Joe Hill. – J.-C. Lattès, 2017

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Oui, Joe Hill est le fils de. C’est à lui que Stephen King dédicace le livre « Shining – L’Enfant lumière » en ces termes : « à Joe Hillstrom King, qui rayonne ». Le rejeton n’a cependant pas voulu endosser le patronyme paternel afin qu’il puisse s’épanouir de manière autonome dans le monde de la littérature fantastique. Alors, oui, Joe Hill partage un univers d’imagination semblable avec son père (il écrit dans la même veine et ne se prive pas de quelques références), oui il apparaît plutôt à l’aise dans sa façon d’utiliser le langage écrit, oui il s’y entend pour construire des récits intelligents, intrigants et qui amènent leur lot de frissons.

Au fil d’une œuvre qui commence à peser, Joe Hill s’est affirmé, amélioré, sublimé. Des maladresses pardonnables du « Costume du mort », du côté pas vraiment abouti de « Cornes », l’auteur a su poser les jalons d’une carrière prometteuse, s’imposant avec « Nosfera2 » en tant que créateur d’univers cohérents dans leur effroyable description.

« L’Homme feu », dont les droits d’adaptation cinématographique sont d’ores et déjà acquis (Fox) représente l’étape suivante de la progression du rejeton : un roman dense, original, aux personnages typés et réalistes, évoluant dans un paysage dantesque recelant mille dangers.

La terre ploie et se meurt par l’action d’un mystérieux champignon qui, s’il imprime ses circonvolutions noirâtres sur la peau des hommes et des femmes, finit par les vouer à une combustion spontanée aussi horrible qu’inévitable. Les morts se comptent par millions, les sociétés dépérissent et sombrent dans la panique et la paranoïa. Rien ne semble pouvoir enrayer le fléau. Harper est infirmière dans une école. Quand l’épidémie s’empare de sa communauté, elle se met naturellement au service de l’hôpital et y est confrontée à la dure réalité des mourants en sursis, dans l’attente de leur transformation en cendres. Bien malgré elle, elle s’expose aux miasmes et ne tarde pas à se découvrir de jolis tatouages sur le corps. Son mari, déjà résigné, aimerait lui offrir une mort commune et indolore, par la prise de cachets à haute dose mais Harper s’y refuse. Elle est habitée par un espoir organique…et elle est déterminée à donner naissance à l’enfant qu’elle porte depuis peu. Si elle survit jusqu’au terme. Menacée par son mari qu’elle a pourtant foutu à la porte, Harper quitte son foyer en compagnie d’un homme énigmatique, John Roodwook, « l’homme feu », un dérivé fantomatique de messie, qui pourrait empêcher la maladie de se développer. Il vit sur une île isolée qui ne souffre aucun visiteur. Ses adeptes survivent dans un camp organisé, dans la forêt, où ils apprennent, par la pensée et la prière, à maîtriser le feu qui menace de les dévorer. Malgré les privations, malgré la peur, Harper commence à s’intégrer au groupe et, s’il lui arrive de se réveiller avec un vêtement enflammé, elle parvient petit à petit à gagner l’état d’esprit nécessaire à sa pérennité. Mais qui est vraiment Roodwook, l’Homme Feu ? Quels sont ses desseins ? La terre est-elle condamnée ?

Commençant sur des chapeaux de roue, le roman s’enlise un peu dans sa deuxième partie (le livre en compte pas moins de sept)– l’intégration de l’héroïne dans la communauté de Roodwook – avant que l’intensité et l’imagination ne reprennent la cadence.

Imprimé en caractères un peu trop petits pour permettre un confort de lecture optimal, « L’Homme feu » fera cependant date dans la production de l’auteur. Un nom à suivre plus que jamais. Et avant tout pour lui-même.

Nathalie SIMON

Demain, j’arrête et Complètement cramé de G. Legardinier

Résultats de recherche d'images pour « demain j'arrête »Bouffée d’oxygène et de bonne humeur qu’on croirait écrite par une femme. A chaque page, on se dit « mais comment peut- il savoir ça ? », « ça aurait pu être moi ! »,… Et bien non mesdames, l’auteur est un homme ! Mais comment fait-il pour nous connaître aussi bien, nous les femmes … avec nos angoisses, nos pensées et nos petits travers typiquement féminins ? Je me pose toujours la question et je me dis que s’il montait une agence de conseils à l’attention de ses semblables, sa fortune serait assurée.

En quatre mots, un roman surprenant, léger, pétillant et déjanté. Bonne humeur et happy end assurés.

 L’auteur aurait pu tomber dans la facilité en proposant un copié-collé de « Demain, j’arrête ». Ici cependant, malgré un ton toujours aussi léger et positif, l’histoire est toute autre avec toujours, ce petit côté rock’n’roll. Roman qui (comme le précédent) fait la part belle à l’humain et à l’émotion avec un humour plus fin (à l’anglaise). L’écriture est joyeuse, truffée de bons mots. On se surprend à sourire seul. Cela fait un bien fou d’être pour un temps dans sa bulle « hyper positive » et d’occulter travail, quotidien, attentats, faim dans le monde et toute autre réalité. Ce récit n’a pas d’autre ambition que divertir son lecteur. Pour ma part, objectif atteint malgré une happy end qu’on sent poindre dès le début.

 

Michèle QUINET – LE DOCTE

En son absence / Armel Job. – Robert Laffont, 2017

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  • Armel Job … le romancier qu’il faut avoir lu !?
  • Armel Job, tout le monde en parle
  • Armel Job, une « vedette » belge qui a fait « la une » des « unes du salon du livre 2017
  • Armel Job, un écrivain prolifique : 12 romans chez Laffont, 9 récits chez d’autres éditeurs …excusez du peu !
  • Alors pour ne pas « mourir » idiote, je me lance et … son dernier roman « En son absence » ne me lâche plus !

Je rentre dans l’histoire, un drame policier, très d’actualité, presque trop commun mais je découvre quelqu’un qui à partir d’un fait divers sait les choses de le Vie !Quelqu’un qui sait rentrer dans la tête et le cœur de son voisin, de son ami, de celui qu’il aime.

  • En cinq jours, cinq chapitres, nous allons * nous angoisser avec les parents de Bénédicte qui a disparu (enlevée ? Fugueuse ??),* nous souvenir avec les parents « désenfantés » * nous disputer avec les voisins,

* soupçonner le conducteur de bus du village,

* parler du mal de vivre de nos ados,

* comprendre que le temps passe sur les amours, que le temps va … que tout s’en va… comme dans la chanson.

  • « En son absence », le temps de son absence, les corps se déchirent, se comprennent, se cherchent !

 

Armel Job, c’est le prof qui ne se prend pas la tête comme aurait dit « Bénédicte » notre ado

Armel Job sait nous dire avec talent comment, dans chaque histoire, il y a un peu de notre histoire.

Avec des mots simples, mais une belle construction que ne reniera pas le prof de français qu’il est, l’auteur belge nous tient en haleine le temps de …

Non !!!

Je ne vous dirai pas la fin : c’est bien amené, ça m’a touchée, je ne regrette pas cette découverte bien tardive semble-t-il !

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