BIBLIVORES NOVEMBRE 2017

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Boschian, Norma

Le Mythe de la vache sacrée : la condition animale en Inde / Florence Burgeat. – Rivages, 2017

Livre: Le mythe de la vache sacrée / la condition animale ...L’auteure est philosophe et a écrit plusieurs ouvrages fondamentaux sur la question animale.

Dans sa préface, elle présente son livre qui est « comparé à un journal de voyage et à un exposé dans lequel le lecteur trouvera des éléments historiques ou théoriques qui apportent à certains faits un éclairage… » (p.11). Le journal relate des faits tels qu’ils sont apparus durant une vingtaine de jours.

Elle ne cache pas le choc ressenti à la visite des mouroirs pour chiens, des électrocutions massives, de la malnutrition, du manque d’hygiène des locaux dans lesquels sont entassés les chiens qui souvent croupissent dans leurs déjections et excréments.

L’auteure nous livre donc un reportage des lieux visités dans Delhi, Bombay, Madras et le constat est le même : des associations pour la défense animale existent et tentent même de sauver ces animaux mais il y a trop peu de bénévoles, l’indifférence devant la souffrance animale empêche même d’arrêter des pratiques barbares telles que l’introduction d’une paille dans l’utérus de la vache, dans laquelle on souffle de l’air et ainsi on récolte les dernières gouttes de lait.

La plupart de la population hindoue est végétarienne, mais n’hésite pas à se défaire des bovins malades ou improductifs, à les soumettre à une maltraitance quotidienne (charges trop lourdes), à les vendre à l’abattoir, où la mise à mort se fait sans étourdissement – à la méthode « halal » car pratiquée par des musulmans – . Beaucoup d’intouchables deviennent musulmans pour pouvoir se nourrir de bœuf.

Des photos étayent ce cruel constat : En Inde, la vache sacrée est un mythe, véhiculé par des récits qui n’ont pas révélé ce qui se cachait derrière la façade. S’il est exact que la vache est précieuse pour sa capacité à nourrir une famille pendant et même après la vie, les Hindous n’ont aucun problème à utiliser les objets en cuir !

Même si ce douloureux constat doit être révélé, l’auteure signale le travail exemplaire des associations de défense animale, mais ici comme ailleurs, l’éducation, la pédagogie sont indispensables pour faire changer les choses et pour que l’animal soit respecté par tous.

Princesse Maïs et autres cauchemars / Joyce Carol Oates. – Pierre Rey, 2017

Une fois de plus, l’auteure nous fait pénétrer dans les univers sombres, troublants, obsessionnels et déstabilisants de ces sept nouvelles, qui entrouvrent la porte des psychés déséquilibrées, mais hélas plausibles.

L’auteur, une fois de plus, nous entraîne dans la vie de personnages tourmentés et dévoile les ressorts psychologiques de leurs actes.

La nouvelle qui m’a le plus interpellée est celle de « Personne ne connaît mon nom » qui décrit une fillette qui n’accepte pas l’arrivée de sa petite sœur, qui est incapable de distinguer rêve et réalité et qui commet l’irréparable (la mort de sa sœur), sans qu’aucun signe d’une jalousie féroce n’ait alerté les parents. Cela pose des questions : lorsque l’enfant paraît, les autres membres de » la fratrie se sentent-ils dépossédés ? Prépare-t-on suffisamment à l’arrivée d’un nouveau-né ? Porte-t-on assez d’attention aux autres enfants plutôt que de se focaliser sur le nouveau venu ? Comment désamorcer des comportements jaloux qui risquent d’entraîner l’irréparable ?

Voilà ce que j’ai ressenti à la lecture de cette nouvelle qui décrit des faits tout à fait crédibles, hélas…

Toutes les nouvelles ont le même départ : l’enfance et le côté sombre, voire diabolique de celle-ci, sans que l’on se doute, lorsqu’on côtoie ces enfants, de la somme des haines qu’ils nourrissent et qui les font basculer dans l’horreur.

Avril, Anne

Coup de projecteur sur : David Foenkinos (« Le potentiel érotique de ma femme », « La Délicatesse », « Nos séparations », « Les Souvenirs », « Je vais mieux », « Entre les oreilles », « Charlotte »,…

Pour les avoir lus l’un après l’autre dans un court laps de temps, il me semble que plusieurs caractéristiques se répètent d’un roman à l’autre, pour mon plus grand bonheur.

Je relèverais d’abord la forme : des histoires simples, racontées avec délicatesse, avec poésie, avec humour. Difficile de faire « l’éponge » avec le héros même dans des situations qui nous touchent personnellement, parce qu’il y a toujours cette façon de prendre les événements avec un décalage. Par exemple, dans « Je vais mieux », le héros que tout accable en peu de temps, se lamente sur le fait que ses deux enfants viennent de quitter le nid. Il vient surtout de « perdre » sa famille, récemment mise en ménage avec son proche ami, Michel, plus âgé qu’elle. Il peut passer quand il le veut leur rendre visite mais il ne s’y résout pas. « Ah ! Le beau-fils ! Le Michel ! Mais quel drôle de nom pour un beau-fils ! C’est le nom d’un collègue, çà ! A-t-on idée de se mettre en ménage avec un « Michel » ! » Voilà pour le style..

Quant au fond, je pense pouvoir dire que le héros, souvent masculin, est quelqu’un d’indécis, de vite anxieux. Les événements ou les autres décident généralement pour lui (le quatrième de couverture de « Les Souvenirs » – 2011 – porte : « je voulais dire à mon grand-père que je l’aimais, mais je n’y suis pas parvenu… ». Ce genre de personnalité, ce type de fragilité, encore plus chez un homme, me rend le héros très attachant.

L’Amie prodigieuse / Elena Ferrante. – Folio

Avec « Le nouveau nom » et « Celle qui fut et celle qui reste », les trois tomes de cette saga d’Elena Ferrante nous content l’histoire d’Elena et de Lila, vivant dans un quartier pauvre de Naples à la fin des années cinquante. Elles ont plus ou moins six ans et sont en première année primaire. Bien qu’elles soient douées pour les études, seule Elena, soutenue par son institutrice (qui aura pu convaincre ses parents), ira au collège puis au lycée. Lila abandonne l’école pour travailler dans l’échoppe de cordonnier de son père.

Les chemins des deux amies se croisent, s’éloignent avec pour toile de fond une Naples sombre, miséreuse, violente.

« Je ne suis pas nostalgique de notre enfance : elle était pleine de violence. C’était la vie, un point c’est tout et nous grandissions avec l’obligation de la rendre difficile aux autres avant que les autres ne nous la rendent difficiles ». Voilà un extrait qui illustre bien l’agressivité qui règne dans la plupart des familles pauvres du quartier où elles ont grandi et entre ces familles.

Lisens, Lisette

L’enfant des cimetière / Sire Cédric . – Pocket

Synopsis

L’histoire débute par l’appel d’Aurore, journaliste au « Nouveau Regard », à son collègue David, photographe de presse au même quotidien. Il s’agit de couvrir un meurtre sauvage et atroce. Un fossoyeur, vivant face au cimetière, tue toute sa famille avant de retourner l’arme contre lui.

Le lendemain, un adolescent persuadé d’être poursuivi par des ombres, ouvre à son tour le feu contre des patients et visiteurs d’un hôpital. Il tue entre autre Kristel, une artiste peintre et compagne de David

Cela devient une véritable épidémie. Mais qui est à l’origine de cette folie meurtrière qui continue à s’étendre ?

Une légende urbaine mentionne un adolescent aux longs cheveux blancs et aux yeux bleus qui pénètre l’esprit des gens, les manipule comme de simples marionnettes.

Mais des légendes urbaines, il en existe des quantités ! Quelle est leur part de vérité ? On les considère en général comme des inventions.

David, désespéré par la perte de Kristel et n’ayant plus rien à perdre, décide d’enquêter.

Ce qu’il découvre le laisse pantois tant c’est énorme.

A un moment, on le considère même comme étant un criminel, sa collègue Aurore ayant été agressée. Vu qu’elle se trouve dans le coma, il est impossible de l’interroger pour en savoir plus sur son agresseur et notamment sur la quantité de morsures qu’elle présente sur tout le corps.

Un commandant de police, Vauvert faute de preuves tangibles, est prêt à accepter l’impensable.

Avec David, ils vont remonter la piste en dépit des risques physiques et mentaux pour nous emmener aux confins de l’horreur, dans un cimetière oublié.

Critique

Dans ce thriller gothique à l’écriture vive et nerveuse, on est entraîné à perdre haleine entre deux mondes : le nôtre et celui des ombres, de la mort.

Ces damnés, oubliés, se rappellent à notre souvenir de manière sanglante.

La première pensée, c’est qu’il s’agit d’un tueur en série sauf que les événements sont plus qu’étranges.

Cela paraît tellement invraisemblable ! Mais « Ce n’est pas parce que quelque chose n’existe pas que ce n’est pas réel pour autant » (Commandant Vauvert).

Cette quête périlleuse de la vérité se passe sur le fil du rasoir et a de quoi faire perdre la raison aux plus terre-à-terre.

Le thème est casse-gueule mais la mayonnaise si bien prise que tout s’enchaîne de manière logique.

Qu’on aime ou pas ce genre, il faut reconnaître un sacré talent à Sire Cédric.

Il a réussi à rendre vivante une légende urbaine.

De quoi susciter pas mal de frissons s’il en était de même pour d’autres légendes.

Redemption Road / John Hart. – Presses de la Cité

Biographie

Né le 2/10/1965 à Durham, en Caroline du Nord (USA).

Il est fils d’un chirurgien et d’une enseignante de français qui a quitté son emploi pour élever ses enfants.kfhboribhrqoihrqnvfsdjhvbqgruobvqsovihozirhgorizehgorihvoirhgorihgo
Peu après la naissance de John, la famille déménage pour s’installer dans une ferme du Comté de Rowan. John Hart va s’en inspirer pour créer le comté fictif de Raven où se déroule la plupart de ses romans.

Il a fait des études en littérature française avant d’exercer différents petits métiers dont pilote d’hélicoptère en Alaska avant de se consacrer à l’écriture en 2006.

Il a reçu diverses récompenses pour ses romans dont le fameux prix Edgar-Allan-Poe (2008 et 2010) ou le CWA Ian Fleming Steel Dagger entre autres.

Il est essentiellement auteur de roman policier.

Bibliographie

  • Le roi des mensonges 2006

  • La rivière rouge 2007

  • L’enfant perdu 2009

  • La maison de fer 2011

  • Redemption Road 2016

Synopsis

Le roman débute par HIER et nous plonge de suite dans l’enlèvement d’une jeune femme dont les yeux semblent intéresser le ravisseur. Il la neutralise à l’aide d’un taser. Pourquoi ?

Commence alors le déroulement normal des chapitres.

On fait la connaissance de Gidéon, 14 ans. Il sait qu’aujourd’hui sort de prison l’assassin de sa mère après 13 ans d’emprisonnement à l’établissement pénitentiaire du comté, où le directeur est omnipotent.

Gidéon s’empare du revolver de son père alcoolique, quitte la maison délabrée où il vit pour aller tuer Adrian, le policier accusé du meurtre. Adrian a toujours clamé son innocence ainsi que la fabrication de fausses preuves à son encontre.

Le corps avait été retrouvé à l’époque enveloppé d’un drap blanc et couché sur l’autel d’une église abandonnée.

Gidéon est blessé par balle avant d’avoir pu tuer Adrian.

Mais le jour même de la libération d’ Adrian un corps sera retrouvé dans les mêmes circonstances !

Elizabeth est flic à Raven et a toujours cru en l’innocence d’ Adrian. C’était pour elle un modèle, quelqu’un qu’elle admirait.

Une gosse de riches a été enlevée et violée par deux tortionnaires. C’est Elizabeth qui l’a retrouvée et les violeurs abattus de 18 coups de revolver.

De ce fait elle est sous le coup d’une enquête interne vu qu’il est prouvé qu’on a cherché à faire souffrir ces hommes avant de les tuer (genoux et coudes bousillés entre autres).

Sa brillante carrière est en péril.

On sent très vite que des choses sont tues, cachées ou transformées. De sombres secrets empoisonnent la ville.

Dans quel but ? La crainte de perdre quelque chose ? De protéger quelqu’un ? La honte ? La peur ? De nombreuses raisons peuvent entrer en ligne de compte mais sont-elles justiciables ?

Tous ces non-dit alourdissent les relations, démolissent même des vies !

Au fil des lignes, on essaye de démêler cet écheveau de mensonges, de chantage…

Certaines révélations font boule de neige et éclairent sous un jour nouveau des événements passés et actuels.

Tout cela jusqu’à un dénouement assez choquant et où les survivants tentent de se reconstruire.

Critique

Roman noir par excellence, Redemption Road nous emmène dans un comté où plusieurs intrigues se croisent, se mêlent.kldhffoizrefgzhfvuzhuzreghzrevhzurevhzgfhgurzhguhrghuo
Le rythme est peut-être un peu lent mais ce n’est pas gênant car il aide à s’imprégner progressivement du caractère des personnages, de leur force et de leurs faiblesse.

On découvre petit à petit les vérités cachées, la noirceur qui se tapit là où on l’attend le moins.
On assiste au déchirement d’Elizabeth, aux révélations d’ Adrian sur ce qu’il a subi pendant son emprisonnement (isolement, tortures physiques et mentales… pour preuve les cicatrices dont son corps est couvert).

Je vous avoue que le directeur de la prison, je l’ai vomi tant il est abominable, froid devant la détresse et la souffrance des prisonniers qu’il a pris en grippe.

Même si ce thriller est sombre, complexe, il a un côté addictif.

C’est difficile de le quitter. Il y a toujours un élément qui relance l’enquête jusqu’à une conclusion inattendue même si des indices ont pu laisser supposer que…mais c’est tellement terrifiant !

Le chemin de la rédemption est loin d’être un chemin facile.

La rédemption se mérite avec des larmes de sang et laisse un goût amer !

ALBERT, Eric

Sacrifice / Joyce Carol Oates. – Points, 2017

Et oui, encore elle. L’auteure ne cesse de gagner en popularité, de ce côté-ci de l’Atlantique (à près de 80 ans, il est temps!) et ce n’est pas le récent « Cahier de l’Herne » qui lui est consacré qui me contredira.

Avec « Sacrifice », Oates retourne à un des thèmes récurrents de son œuvre gigantesque : la condition noire dans l’Amérique des petites villes.

Sybilla Frye, jeune fille noire de quinze ans, a été enlevée, séquestrée, violée par cinq hommes blancs portant des insignes et laissée pour morte dans une ancienne usine à poissons.

Comme un mantra, cette description de l’expérience traumatisante subie par la jeune fille apparaît à plusieurs reprises, dans la même formulation, tout au long du livre. Il s’agit sans doute d’un nouvel effet de style (rappelons nous les trois premiers chapitres de « Daddy Love » qui présentaient la même situation – un autre enlèvement d’enfant, blanc cette fois – vue par différents protagonistes) mais en l’occurrence, il alourdit quelque peu la narration.

On n’échappe pas à quelques clichés bien ancrés dans l’inconscient collectif (la victime d’un viol est toujours responsable, les familles noires sont toujours déstructurées et n’ont pas voix au chapitre, la presse adore faire ses choux gras des récits polémiques, les prédicateurs sont toujours des manipulateurs pervers et les avocats sont généralement véreux et cupides) mais l’art de l’auteure fait qu’on s’accroche à l’histoire, qu’on la dévore littéralement, jusqu’à sa chute, brutale et attendue mais qui témoigne des conséquences qu’un événement peut entraîner pour les proches d’une victime. Le doute sur la véracité du témoignage de Sybilla Frye, la crédulité lénifiante de sa mère, le caractère colérique et violent du beau-père, le cirque médiatique, le mensonge érigé en leitmotiv,… autant d’éléments interpellants, de moteurs narratifs qui impriment chez le lecteur un sentiment de terrible inéluctabilité.

« Sacrifice » n’est pas une œuvre majeure de Oates mais, simplement, une illustration supplémentaire de son talent, qui mérite la pleine lumière !

Le Monarque de la vallée / Neil Gaiman ; illustré par Daniel Egneus. – Au Diable Vauvert, 2017

Période de cadeaux aidant, les éditions « Au Diable Vauvert » proposent la réédition d’ « American Gods » ainsi que la publication d’une longue nouvelle « Le Monarque de la vallée », dus à un écrivain emblématique du fantastique et du réalisme magique, j’ai nommé Neil Gaiman. Ces ouvrages sont d’abord de superbes objets : reliés sous couverture de carton épais, auréolés d’une jaquette protectrice plastifiée, la typographie est lisible à souhait, donnant à l’exercice un sentiment de confort rare et appréciable mais ce sont surtout les illustrations de Daniel Egneus qui ponctuent les récits qui donnent aux livres leur cachet exceptionnel, les transformant en candidats idéaux pour être glissés sous les sapins de cette fin d’année. Les crayonnés tétanisants d’Egneus, auteur suédois prolifique, reconnu dans le monde entier, rehaussent l’étrangeté des récits de Gaiman et participent à l’élaboration d’une mythologie des personnages créés par l’auteur de « Coraline ». On pense un peu au visuel d’un Clive Barker (il est aussi un illustrateur passé maître dans l’expression de l’anormalité, du mystère et de la peur), les couleurs en moins, ce qui renforce le côté morbide et mystérieux des dessins.

Si les amateurs connaissent « American Gods » (et sa suite « Anansi Boys ») – un récit hallucinatoire qui mêle les dieux oubliés, émigrés dans l’Amérique moderne, en butte face aux réalités sociales et spirituelles d’aujourd’hui – ils seront heureux de découvrir « Le Monarque de la vallée », court récit qui reprend le personnage du roman, Ombre, échoué dans une Ecosse encore fort liée à son ambiance mystique. Désoeuvré, Ombre accepte la proposition de travail d’un sombre personnage : il devra, le temps d’un week-end, veiller au bon déroulement d’une fête grandiose, organisée par un riche local, dans un fastueux château que ne renierait pas Shirley Jackson. Interpellé par les personnalités ambivalentes, fantasques ou carrément déviantes des invités, Ombre ne tarde pas à découvrir un jeu pervers et cruel qui se déroule, chaque année, dans les cours de la bâtisse. Deux clans déclarés antagonistes se livrent à une sorte de bataille rangée, afin de perpétuer un rite aux racines de soufre. Et malheur au vaincus !

Lire Gaiman peut être perturbant si on aime coller à la réalité. A l’instar d’un Jonathan Carroll, il parvient à créer un réel alternatif où se côtoient les êtres humains et d’autres créatures dont l’apparence cache bien souvent la véritable nature (dieu, monstre, fantôme,…). Ce cocktail fonctionne parfaitement pour peu qu’on accepte le voyage ; la verve morbide et la puissance des images de l’auteur faisant admirablement le reste.

Seule…ombre au tableau : le prix relativement élevé de ces deux livres. Mais comme dit l’adage, quand on aime…Ne comptez donc pas, vous avez rendez-vous avec une excellence (dans tous les sens du terme).

LENAERS, Jo

L’Etoile polaire / Michel Onfray ; illustré par Mylène farmer. – Grasset, 2016

Au premier abord, ce livre semble facile à lire, à l’instar d’un album jeunesse. Il s’offre aisément à la vue et au cerveau…mais se révèle ardu à comprendre ! Quel(s) message(s) l’auteur, philosophe très médiatisé, a-t-il voulu faire passer ?

Pour ceux qui connaissent un peu sa biographie, l’événement du début du livre sera évident ; en effet, le père de Michel Onfray est mort, debout : « Ce soir de novembre 2009, il est un peu plus de minuit. Les deux hommes sont tous les deux sur la place de l’église, située entre leurs maisons respectives. « Quand mon père meurt, c’est entre mes bras. » « ‘Ce soir, le ciel est couvert.’ Cela a été sa dernière phrase ». « Je l’ai levé mon père, je l’ai porté, je l’ai allongé. Et il avait ses beaux yeux bleus, qui regardaient ce ciel dans lequel on n’avait pas vu ce soir-là l’étoile polaire », se souvient le créateur de l’université populaire de Caen, en 2002 ».

L’auteur emmène alors son héros, un petit garçon, fils d’un agriculteur mort en sa présence – et debout – dans un rêve, poétique et très énigmatique où il est question d’un arbre qui grandit du ventre d’une femme et qui cache neuf royaumes habités par des êtres fantasmagoriques divers. En dire plus est réellement difficile tant le fil rouge du récit est confus – voire existant ? – et qu’on ressent bien le côté symbolique de l’entreprise mais sans jamais pouvoir mettre un nom dessus. Mention spéciale à Mylène Farmer, la chanteuse, pour ses aquarelles qui ont su capter l’émotion avec une grande sensibilité et un talent magnifique et qui résonnent au texte d’Onfray que, manifestement, elle, a compris…

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