DEFI LITTERAIRE – Texte de M. CAHAY

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Découvrez le texte de Madame Monique Cahay, dans lequel une lettre de l’alphabet (outre le « k », le « w », « x », « y », et « z ») a été volontairement omise. Un nouveau tour de force et, qui plus est, bien dans l’air du temps !

 

De février à juin 2020 la vie de deux vieux… Se sentir utile, c’est ce qui tient en vie !

La peste… puisqu’il faut bien l’appeler par ….

Puis-je me référer à cette ancienne pandémie  afin de désigner celle qui fait la une (de la une à la dixième page d’ailleurs) des gazettes ? Car si même l’actuel virus est bien esthétique, je ne saurais l’appeler sans y mettre d’eau … Excusez cette faute de français, mais rien que de sentir ce eau me brûler la langue, afin de désigner ce petit cercle hérissé, avec deux eau, je ne peux que me taire.

De cette récente peste, ils ne décédaient pas … nécessairement, mais, chaque famille a entendu dire de quelqu’un qui a entendu parler de quelqu’un atteint de ce virus et qui s’en est allé. C’est du sérieux !

Y échapper ? Les systèmes, ingénieux, furent détaillés par des grands savants belges et des ministres dans les gazettes, et à la Télé. Dès 19 heures, les belges s’asseyaient devant leur Télé, pendus aux lèvres de ces spécialistes qui ne cherchaient que le meilleur, disaient-ils.

Et c’est ainsi que la Belgique entière devint un bal masqué que chacun fut invité à danser entre ses quatre murs. Quitter la salle de bal et partager un petit baiser et un câlin en cachette avec les petits-enfants, interdit ! Seuls échappements permis : le jardin et les magasins, petites et grandes surfaces – il faut bien manger – mais les aînés décrétés fragiles en furent exclus.

Mais ces vieux furent inventifs et réussirent, semaine après semaine, à changer cela en une vraie richesse de vie : se sentir utiles, c’est ce qui tient en vie.

Lu en mars dans la gazette de Huy : une équipe cherche à s’élargir : fabriquer des masques, la demande est là ! C’est parti : la machine ne quittera plus la salle à manger qui devient un atelier. Chercher les tissus, les élastiques, une gageure ! Se faire une clientèle : pas une réelle difficulté ! Pique, pique ! Dring ! Salut ! Pique, pique ! Dring ! Dring  ! Salut ! La table de la terrasse maintient l’écart ! Un mètre cinquante qu’ils disent !

Après les masques, les tenues jetables destinées aux infirmiers et médecins d’une clinique de Namur. Se sentir utile, c’est ce qui tient en vie.

Tant de masques, Madame, c’est beau ! Et le mari que fait-il dans l’affaire ? Il attend le dîner ?

Bien sûr qu’il l’attend, mais il a réussi à utiliser la machine, et c’est lui qui a maintenant la maîtrise de la pédale et des canettes! C’était pas vraiment ses habitudes, mais même à quasi quatre-vingt ans, un métier neuf peut s’apprendre. L’équipe est unie  ! Se sentir utile, c’est ce qui tient en vie.

Le GSM, Internet … un vrai travail ! Qui prend aussi quelques heures . C’est qu’il faut maintenir les amitiés, l’unité de la famille. Et tant de beaux textes circulent sur Internet. A partager. Se sentir utile, c’est ce qui tient en vie.

Merci aux amis garnissant chaque semaine le frigidaire, permettant ainsi aux grands-parents de se cuire des petits plats inventifs et de préparer des salades (merci le jardin) : deux assiettes sur la grande table. Vivre dans l’attente, ne pas se sentir vraiment seuls, c’est ce qui tient en vie.

La vraie vie, cependant, ce fut d’enfin, préparer un simple barbecue : la famille peut, enfin, se réunir et partager – sans masque – un repas… ensemble… enfin !

La famille, c’est ça qui fait la vie !

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